Incidents à La Commanderie : huit supporters écroués, le procès renvoyé

14 supporters sont accusés d'avoir participé aux violents incidents survenus samedi au centre d'entraînement de l'OM. Le procès en comparution immédiate a été renvoyé lundi au 24 février.

 Le centre d’entraînement Robert-Louis-Dreyfus à Marseille, cible des incidents de samedi dénoncés par Frank McCourt, propriétaire américain de l’OM.
Le centre d’entraînement Robert-Louis-Dreyfus à Marseille, cible des incidents de samedi dénoncés par Frank McCourt, propriétaire américain de l’OM. AFP/Nicolas Tucat

Le procès en comparution immédiate de 14 supporters accusés d'avoir participé aux violents incidents survenus samedi au centre d'entraînement de l'OM a été renvoyé lundi au 24 février, et huit des prévenus ont été maintenus en détention.

Evoquant « une attaque en règle, hyper-violente », le procureur avait requis un mandat de dépôt contre les 14 prévenus, dont le plus jeune a 19 ans. Il a été suivi par le tribunal pour huit d'entre eux, les six autres étant placés sous contrôle judiciaire.

Certains ont assumé

Ils étaient « pour la plupart » poursuivis pour avoir « participé sciemment à un groupement, […] en vue de la préparation […] de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens », pour les dégradations en réunion du centre d'entraînement du club de L1, et pour la dégradation d'une voiture de police, selon la procureure Dominique Laurens dans un communiqué. Ils encourent 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende, a-t-elle précisé.

La demande de report a été faite par une majorité des prévenus, et accordée par la présidente du tribunal, qui a souhaité tous les juger en même temps.

A l'audience de lundi, certains ont assumé leur participation à la manifestation tout en niant les dégradations, tandis que d'autres ont assuré s'être retrouvés fortuitement à la Commanderie samedi.

Un match reporté

Dix-huit personnes avaient passé la nuit de samedi à dimanche en garde à vue. Quatorze d'entre elles ont vu leur garde à vue prolongée dimanche soir.

La police avait interpellé 25 personnes dans la soirée parmi les supporters. Sept policiers ont été légèrement blessés, et trois véhicules des forces de l'ordre ont été dégradés dans ces incidents qui ont entraîné le report du match OM-Rennes initialement prévu samedi à 21H00.

Les incidents avaient commencé dès le début d'après-midi, quand quelque 300 supporters rassemblés derrière une immense banderole « Cassez Vous » et portant des drapeaux « Dirigeants Dehors », se sont massés devant les grilles de La Commanderie et ont allumé pétards, feux d'artifice et fumigènes.

Le club a porté plainte

Ils en ont lancé un grand nombre au-delà des murs d'enceinte et trois arbres plantés juste à l'entrée du centre ont fini calcinés. En passant par le côté droit du site, par des champs appartenant à une communauté religieuse, une partie de ces supporters sont ensuite entrés dans l'enceinte du centre « y compris dans le bâtiment du groupe professionnel », selon l'OM.

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Selon les dirigeants, les dégradations dans les bâtiments s'élèvent à « plusieurs centaines de milliers d'euros ». Le club a annoncé avoir porté plainte dès dimanche.

Unie, la direction du club a assuré dimanche que « l'OM poursuivra sa route », selon les mots du propriétaire américain Frank McCourt, qui a comparé ces incidents à l'assaut du Capitole à Washington. Il a dénoncé les agissements de « groupuscules de voyous ».