Pyrénées-Atlantiques : 790 hectares détruits par des incendies, une enquête ouverte

Malgré la saison, les conditions météorologiques étaient favorables à la propagation du feu, avec des températures douces et des vents violents. Quelque 70 pompiers restaient engagés ce dimanche.

Une estimation de la surface de végétation, basse principalement, parcourue par les flammes n'était pas disponible samedi soir.
Une estimation de la surface de végétation, basse principalement, parcourue par les flammes n'était pas disponible samedi soir. AFP/PATRICK VALASSERIS

Jusqu’à 170 pompiers étaient mobilisés samedi au Pays basque pour tenter de circonscrire des incendies de basse et moyenne montagne, attisés par des forts vents allant jusqu’à 100 km/h. Ces feux de végétation n’ont pas fait de victime, mais ont amené à évacuer des randonneurs par précaution, ont indiqué les autorités.

Des deux principaux foyers menaçants samedi, l’un était ce dimanche en mi-journée éteint et sous surveillance dans le secteur d’Urrugne-Biriatiou, l’autre dans le secteur d’Ascain-La Rhune était fixé et ne progressait plus, mais certaines zones en altitude restaient trop inaccessibles pour l’éteindre, a précisé la préfecture. La piste d’un écobuage non déclaré (une pratique agricole visant à défricher une zone en y allumant un feu) et non maîtrisé est privilégiée, selon France Info. Les maires de plusieurs communes, Ascain, Urrugne, Biriatou, ont pris des arrêtés interdisant l’accès au massif.

Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Bayonne pour « destruction par incendie ». Elle a été confiée à la gendarmerie de Bayonne. Le maire d’Ascain a également annoncé à France Bleu Pays basque qu’il allait déposer plainte. Alors que près de 5 000 foyers se sont retrouvés privés d’électricité dans cette zone, samedi après-midi, une trentaine d’agents était toujours à pied d’œuvre ce dimanche matin pour rétablir le courant dans les dernières habitations impactées.

Quelque 70 pompiers restaient engagés ce dimanche. Les soldats du feu des Pyrénées-Atlantiques, renforcés en soirée par des pompiers des Landes, ont été engagés sur « une multitude de petits foyers », dont deux principaux : l’un depuis le matin venu de l’Espagne voisine, dans le secteur du col d’Ibardin, et l’autre dans le secteur du sommet de La Rhune (905 m d’altitude), a déclaré à l’AFP le sous-préfet de Bayonne.

Après 20h30, l’évolution était « favorable » sur les deux fronts, toujours actifs, mais avec un « risque maîtrisé » pour l’un des foyers d’incendie, fixé, et l’autre feu « bloqué sur les hauteurs » sans menace pour des habitations ou structures. Le vent, violent en journée, était également tombé en soirée.

70 randonneurs évacués

Environ 70 randonneurs ont été évacués par précaution depuis samedi matin, d’autres étant invités à rebrousser chemin par la gendarmerie qui bloquait les accès, a précisé le sous-préfet. Une estimation de la surface de végétation, basse principalement, parcourue par les flammes n’était pas disponible samedi soir, en raison de l’importance des fumées dégagées, et du nombre de petits foyers épars liés à des sauts de braise dus aux vents.

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Ces vents violents - plus de 100 km/h sur le relief pyrénéen samedi -, ont par ailleurs conduit à priver quelque 5000 foyers d’électricité dans l’après-midi dans les secteurs d’Espelette, Hasparren, Mauléon, a indiqué Enedis. 700 restaient coupées en début de soirée, selon France Bleu. L’antenne locale de France 3 ajoute que le Béarn n’est pas épargné, avec des incendies poussés par un vent à plus de 100 km/h par endroits.

En raison de « conditions météorologiques favorables à la propagation du feu », avec des températures douces et des vents violents, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a pris samedi un arrêté d’interdiction d’incinération des végétaux jusqu’à lundi, afin de prévenir les écobuages, qui sont régulièrement en cette zone de montagne à l’origine de feux non maîtrisés. L’origine des incendies de samedi était inconnue, et un éventuel lien avec des écobuages pas établi à ce stade, a indiqué le sous-préfet.