Incendie à La Réunion : un homme mis en examen pour dégradation involontaire

L’homme s’était rendu aux gendarmes et a expliqué avoir agi accidentellement en voulant brûler du papier toilette pour « épargner » la nature. L’incendie a ravagé 175 hectares.

 La Réunion, le 7 novembre. Près de 250 personnes ont été mobilisées contre ce feu.
La Réunion, le 7 novembre. Près de 250 personnes ont été mobilisées contre ce feu. AFP/Richard BOUHET

Si ses déclarations sont exactes, c'est en voulant protéger la nature qu'un homme a déclenché un incendie qui a ravagé 175 hectares de végétations à La Réunion.

Ce dimanche, ce trentenaire a été mis en examen pour dégradation involontaire, a-t-on appris de source judiciaire.

C'est en voulant brûler du papier toilette qu'il aurait déclenché l'incendie. « Nous n'avons pas affaire à un pyromane, mais à un amoureux de la nature qui a voulu laisser le moins d'impact possible de son passage sur le site », a commenté son avocat Me Mihidoiri Ali.

L'homme, qui s'est rendu de lui-même aux gendarmes en fin de semaine, a été laissé en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Il « a reconnu tous les faits » et avait prévenu les pompiers avant de repartir chez lui, « dépassé par les événements », selon son avocat.

Me Ali a souligné qu'il y avait eu « deux départs de feu », son client n'étant poursuivi que pour l'un d'eux. « Il reste à déterminer s'il y a un lien de causalité entre les deux », relève le défenseur.

250 personnes mobilisées et le ministre sur place

Le feu s'était déclaré dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre, dans le massif du Maïdo, à l'ouest de l'île. Quelque 250 personnes, dont 80 pompiers venus en renfort de Métropole, une trentaine d'engins terrestre, un avion et cinq hélicoptères bombardiers d'eau avaient été mobilisés pour lutter contre le sinistre.

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu s'était rendu sur place.

Pas moins de 175 hectares de végétation ont brûlé. Le Maïdo, situé au cœur du Parc national de La Réunion, est classé au patrimoine immatériel de l'Unesco, en raison de sa faune et de sa flore endémique.

L'incendie est « fixé » depuis lundi, mais reste sous surveillance.

Deux incendies majeurs avaient déjà ravagé le Maïdo en 2010 (800 hectares) et en 2011 (3 000 hectares). Les incendies avaient été provoqués par un ex-pompier pyromane, Patrice Nirlo, qui avait été condamné en 2017 à 12 ans de réclusion.