Huit mois de prison requis contre le blogueur Bassem après des propos homophobes

Le blogueur de Vénissieux a regretté, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon, ses mots visant les homosexuels, assurant avoir «grandi» et respecter la communauté gay.

 Bassem Braiki est connu pour ses coups de gueule sur les réseaux sociaux. (Captures d’écran)
Bassem Braiki est connu pour ses coups de gueule sur les réseaux sociaux. (Captures d’écran) YouTube

En 2015, il avait acquis une grande notoriété en dénonçant les attentats du 13 Novembre commis par l'Etat Islamique à Paris. Mais depuis, ce sont des prises de position moins glorieuses, qui ont valu à Bassem Braïki, un blogueur star des banlieues, d'être sur le devant de l'actualité.

Condamné pour propos racistes envers les noirs et les métisses en 2019, pris dans une bagarre spectaculaire en février dernier avec le rappeur Sadek et sa bande, Bassem Braïki était poursuivi cette fois-ci pour propos homophobes.

« Sodomites », « sale tarlouse », « sidaïques »… Dans une vidéo de plusieurs minutes publiée en août 2018 sur Snapchat, le blogueur de Vénissieux déversait, en langage fleuri, sa haine des homosexuels. Une publication diffusée aux quelque 70 000 abonnés de son compte privé, et relayée bien au-delà encore et qui lui ont valu de nouvelles poursuites engagées par trois associations dont SOS Homophobie et ce procès, ce mardi.

«Je n'ose même plus réécouter les propos que j'ai prononcés»

A la barre du tribunal correctionnel de Lyon, ce grand gaillard de 40 ans au crâne rasé et à la langue bien pendue, tente de faire amende honorable. « Je n'ai rien contre les gays, assure-t-il, mais avec mes enfants, on est tombé sur la Gay Pride et ce qui me gène, ce n'est pas leur orientation sexuelle, mais la moralité. Quand on les voit sur les chars, à quatre pattes avec des chaînes autour du cou, c'est choquant. Si c'était des hétérosexuels, ça serait pareil ».

Le blogueur le jure, il a changé, et n'adhère plus du tout à ses propos qui datent d'il y a deux ans. « J'ai pris conscience que ces personnes méritaient le respect. J'ai réalisé beaucoup de choses et je n'ai jamais voulu du mal à la communauté gay. Je n'ose même plus réécouter les propos que j'ai prononcés, j'ai grandi ».

Pour son avocat, Me David Metaxas, il s'agit de propos qui ont effectivement dépassé sa pensée : « C'est de la bêtise, un manque de culture et d'intelligence » résume-t-il, « et même peut-être aussi un problème culturel ». Il explique que son client est musulman pratiquant « et que cette religion n'est pas très tolérante par rapport à la communauté gay et LGBT ». L'avocat révèle aussi que Bassem Braïki souffre d'une forme d'addiction aux réseaux sociaux et à la notoriété. L'intéressé confirme et explique être soigné pour cela, contraint à cette prise en charge médicale par la justice lors d'une précédente condamnation.

«Bassem Braïkin illustre le côté noir d'Internet»

Le procureur de la République dénonce, lui, « des déclarations ignobles et repoussantes » en rappelant les récentes agressions homophobes survenues dans les rues de Lyon et ailleurs. « Bassem Braïkin illustre le côté noir d'Internet, quand on a autant d'abonnés, on a des responsabilités » assène encore le représentant du parquet, « c'est un individu violent et non l'individu sympathique sous les traits duquel il veut bien se présenter.

Contre le blogueur de Vénissieux, il a demandé une condamnation à 8 mois de prison et 5 000 euros d'amende. Une peine que son avocat aimerait voir traduite en simples jours-amendes. Bassem Braïki, qui tire des subsides de sa grande audience sur les réseaux sociaux, confirme avoir les moyens de payer.

La décision doit être rendue le 20 octobre.