«Haurus», l’ex-agent de la DGSI, mis en examen pour ses fuites mortelles

Surnommé « Haurus », cet ancien enquêteur en antiterrorisme est soupçonné d’avoir vendu des informations sensibles tirées de fichiers de police et ayant servi à faciliter des assassinats à Marseille. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

 Mardi, la procureure de Marseille avait annoncé son placement en garde à vue dans une enquête ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de crimes en bande organisée ».
Mardi, la procureure de Marseille avait annoncé son placement en garde à vue dans une enquête ouverte pour « association de malfaiteurs en vue de crimes en bande organisée ». LP/Olivier Arandel

« Haurus » échappe à la case prison. Déjà poursuivi pour avoir vendu des informations confidentielles tirées des fichiers de police sur le Darknet, cet ancien policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a été mis en examen vendredi soir pour « association de malfaiteurs criminelle » et « corruption passive » dans une nouvelle affaire liée à des règlements de compte à Marseille (Bouches-du-Rhône).

En revanche, contrairement aux avis du parquet et du juge d'instruction, ce brigadier de 34 ans n'a pas été écroué et a été libéré sous contrôle judiciaire à l'issue de sa garde à vue.

Les enquêteurs de la PJ de Marseille soupçonnent que certaines informations commercialisées par « Haurus » aient pu faciliter des assassinats dans la cité phocéenne. Un intermédiaire connu de la justice, Christophe N., également mis en examen vendredi mais avec placement en détention provisoire, lui avait en effet commandé sur la plateforme BlackHand au cours de l'année 2018 divers renseignements sur des gros voyous marseillais liés notamment au trafic de stupéfiants : états civils, adresses, relevés téléphoniques…

Des infos confidentielles contre des bitcoins

En tant qu'enquêteur en terrorisme à la DGSI, « Haurus » pouvait consulter tous les fichiers liés aux identités, immatriculation, antécédents judiciaires et même effectuer des réquisitions aux opérateurs pour obtenir des géolocalisations de téléphones portables. Parmi les cibles figurait Jean-Louis Grimaudo, figure montant du banditisme marseillais, tué à la kalachnikov à Marseille huit jours après des recherches effectuées par le brigadier de la DGSI. Les policiers soupçonnent également que des informations achetées à « Haurus » soient tombées entre les mains des tueurs de la famille Tir, très connue à Marseille.

L'ancien brigadier de la DGSI, qui a été suspendu de la police et attend son procès dans le volet général sur son business sur le Darknet, a toujours plaidé qu'il ignorait à qui étaient transmis ses précieux renseignements et à quelles fins ils étaient destinés, ne connaissant ses clients que par des pseudonymes. Contacté, son avocat, Me Yassine Bouzrou, n'a pas souhaité faire de commentaires.