Financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen pour «association de malfaiteurs»

L’information est rapportée vendredi par le parquet national financier.

 Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux, le 13 février 2012.
Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux, le 13 février 2012.  LP / Philippe de Poulpiquet

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour « association de malfaiteurs », dans le cadre de l'affaire libyenne, selon le parquet national financier vendredi, confirmant une information de Mediapart. La décision a été prise par les juges d'instruction lundi, après quatre jours d'interrogatoire.

En mars 2018, l'ancien chef de l'Etat avait déjà été mis en cause pour « corruption », « recel de détournements de fonds publics » libyens et « financement illicite de campagne électorale ». L'enquête porte sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007.

Claude Guéant et Eric Woerth, respectivement directeur de campagne de Nicolas Sarkozy et trésorier en 2007, sont également mis en examen. En janvier dernier déjà, Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, avait été mis en cause pour « association de malfaiteurs ».

« La vérité finira par triompher »

« J'ai appris cette nouvelle mise en examen avec la plus grande stupéfaction », a réagi Nicolas Sarkozy, sur Facebook et Twitter, vendredi. « Après quatre journées d'interrogatoire, au cours desquelles j'ai répondu à toutes les questions qui m'ont été posées sans jamais être mis en difficulté, mon innocence est à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d'un quelconque financement illicite », poursuit l'ancien chef de l'Etat.

« Les Français doivent savoir que je suis innocent de ce dont on m'accuse en apportant un crédit invraisemblable aux déclarations d'assassins, d'escrocs notoires et de faux témoins. Je sais que la vérité finira par triompher », écrit Nicolas Sarkozy. « Je subis cette nouvelle épreuve en demandant à tous ceux qui m'ont fait et continuent à me faire confiance de comprendre que je finirai par prouver ma parfaite innocence. J'y mettrai toute la détermination et l'énergie dont je suis capable. L'injustice ne gagnera pas. »

« Chacun voit bien qu'il s'agit d'une décision sans précédent en cohérence avec les investigation réalisées. La procédure suit son cours » a pour sa part réagi Me Vincent Brengarth, l'avocat de l'association anti-corruption Sherpa partie civile dans ce dossier.

L'ancien président a rapidement reçu le « soutien total » d'Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes. « Cette prétendue affaire libyenne est infamante et sans fondement. L'histoire retiendra l'acharnement judiciaire et politique sans précédent qui frappe un ancien président », a-t-il écrit sur Twitter.