Financement libyen : Nicolas Sarkozy entendu par les juges d’instruction

Un interrogatoire qui intervient après un arrêt de la cour d’appel de Paris, qui a très largement validé l’enquête.

 Nicolas Sarkozy en janvier 2020.
Nicolas Sarkozy en janvier 2020.  LP/Arnaud Journois

L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy était entendu une nouvelle fois mardi à Paris par les juges d'instruction en charge de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, selon une source judiciaire, confirmant une information de Mediapart.

Cet interrogatoire intervient après un arrêt de la cour d'appel de Paris le 24 septembre qui a très largement validé l'enquête et écarté les recours déposés par le camp Sarkozy. L'ex-président de la République n'avait plus été entendu par les juges depuis qu'il avait décidé de garder le silence, le temps de l'examen de ses recours.

Mis en examen et sous contrôle judiciaire

Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy a été mis en examen en mars 2018 pour « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne ». Il est également placé sous contrôle judiciaire.

Les juges d'instruction anti-corruption du tribunal de Paris, Aude Buresi et Marc Sommerer, qui ont succédé à Serge Tournaire dans ce dossier, pourraient interroger Nicolas Sarkozy sur des versements en liquide qui auraient été réalisés via un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, mis en examen le 31 janvier pour « association de malfaiteurs ».

Les enquêteurs se demandent si un tel transfert a pu servir in fine à alimenter en cash le budget de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy. Contacté, l'entourage de l'ancien président n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Huit années de soupçons

Le feuilleton sur les soupçons de financement a été lancé en 2012 avec des révélations de Mediapart affirmant avoir consulté un document selon lequel le marchand d'armes Ziad Takieddine aurait mis en place en octobre 2005 les « modalités de financement » de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le régime de Kadhafi pour un montant de 50 millions d'euros.

L'ex-président avait accusé Mediapart d'avoir publié un faux document. Mais son recours avait été rejeté. Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d'un intermédiaire…

En sept ans de travail, les magistrats ont réuni une somme d'indices troublants qui ont donné corps à cette thèse. Toutefois, aucune preuve matérielle n'a été retrouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à neuf mises en examen à ce jour.