Lilibelle, 14 ans, tuée d’un coup de couteau lors d’une rixe entre bandes en Essonne

L’adolescente a été poignardée lors d’un affrontement entre groupes de jeunes ce lundi. Six mineurs âgés de 13 à 16 ans sont en garde à vue. L’un d’eux a avoué avoir porté le coup mortel.

 Saint-Chéron, mardi 23 février 2021. L’adolescente de 14 ans a été poignardée à proximité du collège du Pont-de-Bois-de-Saint-Chéron, ville où elle habitait.
Saint-Chéron, mardi 23 février 2021. L’adolescente de 14 ans a été poignardée à proximité du collège du Pont-de-Bois-de-Saint-Chéron, ville où elle habitait. LP/Nolwenn Cosson

Elle avait 14 ans et s'appelait Lilibelle G. Cette collégienne a été tuée ce lundi d'un coup de couteau dans le ventre lors d'une rixe entre deux groupes de jeunes rivaux, à Saint-Chéron (Essonne).

L'affrontement a eu lieu vers 16 heures dans une rue à proximité du collège du Pont-de-Bois. Les deux groupes, constitués de collégiens du même âge que la victime, sont originaires de Dourdan et Saint-Chéron, deux villes peu habituées à la rubrique faits divers.

Lilibelle G., blessée par arme blanche à l'abdomen, a été transportée dans la foulée à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Elle est décédée des suites de ses blessures à 19 heures.

Ce mardi après-midi, un autre adolescent de 13 ans est mort poignardé lors d'une rixe entre bandes à Boussy-Saint-Antoine (Essonne). Les incidents ont entraîné le déplacement du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, ce soir à Dourdan. Il annonce, dès ce mardi soir, « le renfort d'une centaine de policiers », dont une soixantaine à Dourdan et une trentaine à Boussy-Saint-Antoine.

Six jeunes entendus par les forces de l'ordre

Selon les premiers éléments de l'enquête, la bagarre a éclaté entre des adolescents encapuchonnés et vêtus de noir, âgés de 14 à 18 ans. « L'un d'eux a sorti un couteau, poignardé la victime au ventre et pris la fuite », indique Caroline Nisand, la procureure d'Evry-Courcouronnes, qui tenait un point presse ce mardi soir.

L'un des mineurs interpellé et auditionné a reconnu avoir porté le coup mortel. « Il est déjà connu de la justice pour deux infractions mais pas de violences », a ajouté la procureure.

Ce lundi, confondus par leurs tenues vestimentaires, trois premiers jeunes âgés de 13 ans sont contrôlés à la gare RER de Sermaise, située entre Dourdan et Saint-Chéron, et interpellés par les gendarmes dès le lundi après-midi. « Trois autres mineurs se sont ensuite présentés avec leurs parents à la gendarmerie entre 22h40 et minuit, a précisé la procureure. Deux sont âgés de 15 ans et un de 16 ans. »

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Les six mineurs placés en garde à vue sont venus en transports en commun pour en découdre à Saint-Chéron « dans un contexte de rivalité entre bandes », précise la procureure. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Evry-Courcouronnes pour « meurtre sur mineur de 15 ans, violences aggravées sur mineur de 15 ans en réunion et avec préméditation, participation à un attroupement en vue de violences et non-assistance à mineur en danger. »

Elle a été confiée à la section de recherches de Paris et au groupement de gendarmerie de l'Essonne. Une autopsie de l'adolescente aura également lieu ce mercredi matin.

« Maintenant, il faut que justice soit rendue »

« C'était une petite merveilleuse, elle n'était pas dans les problèmes, assure une amie très proche de la famille, qui considérait Lilibelle comme sa petite sœur. Ici tout le monde la respectait. Quelques heures avant le drame, elle est passée devant chez moi. Tout était normal. Ses parents et ses trois frères et sœurs, tous plus âgés, sont dévastés. Maintenant, il faut que justice soit rendue. J'espère que ceux qui ont fait ça seront sévèrement punis. » Une autre amie proche confirme : « Elle était gentille, drôle, elle avait du caractère. »

Pour autant, selon nos informations, Lilibelle G. avait été exclue de plusieurs établissements scolaires, dont l'un après s'être présentée au collège armée en voulant s'en prendre à une camarade de classe. Le rectorat indique que la jeune fille, scolarisée en 3e, venait d'intégrer une classe-relais au sein du collège Jean-Moulin de La Norville. « Elle faisait l'objet d'un suivi éducatif par un juge des enfants », a précisé la procureure.

Ce mardi, croisés devant le collège, plusieurs lycéens assurent ne pas être surpris par ce drame. « Ce sont de vieilles rivalités, assure l'un d'entre eux. Avant ça se passait entre lycéens, mais depuis ce sont les petits (NDLR : les collégiens) qui s'affrontent. »

Un dispositif d'écoute mis en place dans son collège

Dans le groupe d'amis, tout le monde connaissait Lilibelle G., au moins de réputation. « C'est une fille qui séchait les cours, qui traînait souvent dehors. Ce qui lui est arrivé est vraiment triste mais on n'est pas surpris qu'elle fasse partie des jeunes présents lors de la rixe. »

Loin de l'image d'une fille sulfureuse, le compte Instagram de Lilibelle G. laisse entrevoir la vie banale d'une adolescente, entre selfies avec filtres papillons et photos souriantes avec ses amis à la sortie du collège. Certaines de ses copines lui ont rendu hommage en postant des photos de la victime, aux longs cheveux noirs, sur les réseaux sociaux avec la mention « Repose en paix ».

« Des dispositifs d'écoute seront mis en place dès la rentrée », précise-t-on au sein du rectorat. À l'initiative de la famille et des proches de l'adolescente, une marche blanche pourrait être organisée dans les prochains jours.