Espèces protégées : une saisie record dans l’Eure

Intrigué par l’annonce d’une vente de peaux, de dents ou de vertèbres d’animaux sauvages à Vernon, l’Office français de la biodiversité a fait une descente à l’hôtel des ventes. Et fait des découvertes.

 D’après l’OFB, près de 450 pièces provenant d’espèces protégées ont été saisies lors d’une inspection dans un hôtel des ventes de Vernon.
D’après l’OFB, près de 450 pièces provenant d’espèces protégées ont été saisies lors d’une inspection dans un hôtel des ventes de Vernon. Office français de la biodiversité

C'est une annonce sur Internet qui a mis la puce à l'oreille des inspecteurs de l'Office français de la biodiversité (OFB) : il y était question, à Vernon (Eure), d'une vente d'objets issus principalement du monde marin. Cinq d'entre eux, accompagnés de deux gendarmes de la brigade fluviale de Seine-Maritime dont les compétences s'étendent le long de la Seine, ont donc examiné de plus près les lots qui devaient être mis en vente début septembre. Leurs investigations les ont conduits jusque dans les réserves de l'hôtel des ventes pour aboutir à la saisie de 450 pièces allant de la défense d'éléphant aux dents de requin, de cachalot ou encore de rhinocéros en passant par des peaux et des vertèbres…

« Pour pouvoir vendre de telles pièces provenant d'espèces protégées qui sont réglementées, notamment par la convention de Washington, il faut pouvoir apporter la preuve de leur ancienneté et de leur origine légale », assure Luc Tison, le chef de service de l'OFB dans le département de l'Eure, qui reconnaît que cette opération est la plus importante dont il ait eu connaissance en Normandie. « Nos inspecteurs ont constaté que ce n'était pas le cas pour une bonne partie d'entre elles, ce qui a conduit à leur saisie et à l'ouverture d'une enquête confiée au tribunal d'Évreux. »

La commissaire-priseuse se défend

D'après l'OFB, les infractions constatées constituent « des délits passibles de 150 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement ». Une vision des choses que conteste dans les colonnes de notre confrère « Paris-Normandie » Me Lydie Brioult, la commissaire-priseuse vernonnaise. Selon elle, de nombreuses pièces saisies n'étaient pas destinées à cette vente et d'autres avaient des certificats en bonne et due forme. L'enquête en cours, où experts et vendeurs seront interrogés, devrait permettre d'y voir plus clair, mais ce ne sera pas avant de longs mois, voire davantage.