Enseignante frappée à Agde : un an avec sursis pour une mère et une grand-mère d'élève

Les violences étaient survenues dans le bureau du directeur de l'école après une bagarre entre deux élèves, que l'institutrice avait séparés. La scène avait été filmée.

 L’agression a eu lieu à l'école Jules-Verne au Cap d’Agde.  (Capture d’écran).
L’agression a eu lieu à l'école Jules-Verne au Cap d’Agde. (Capture d’écran). YouTube

Une grand-mère et une mère d'élève ont été condamnées mercredi par le tribunal correctionnel de Béziers (Hérault) à un an de prison avec sursis pour l'agression d'une enseignante du Cap d'Agde (Hérault) en septembre 2019.

Le tribunal leur a également interdit tout contact avec la victime et leur a ordonné de l'indemniser. Les violences étaient survenues dans le bureau du directeur de l'école après une bagarre entre deux élèves, que l'institutrice avait séparés.

Au-delà des réquisitions du parquet

« Si vous êtes ici, c'est parce que vous êtes coupables de l'ensemble des faits qui vous ont été reprochés. Nous n'étions pas ici pour juger cette enseignante, c'est la raison pour laquelle le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet », a déclaré la présidente Nadège Larochette, à l'énoncé du jugement.

Le parquet avait requis huit mois de prison dont quatre avec sursis probatoire pendant deux ans contre les deux femmes jugées pour violences et menaces contre une institutrice de l'école Jules-Verne. « Rien dans ce dossier ne démontre qu'il y a eu un abus d'autorité de la part de l'enseignante », a assuré le représentant du parquet.

L'institutrice en pleurs

« On a compliqué ce qui était simple. Cette enseignante a mauvaise réputation et nous avons dénoncé son comportement violent. Elle a eu des comportements de maltraitance envers des enfants. Nous avons un témoignage. Si cela a dégénéré, c'est parce qu'elle les a filmées », a au contraire affirmé dans de sa plaidoirie Me Guy Dubuisson, l'avocat de la mère et de la grand-mère d'élève âgées respectivement de 25 et 50 ans.

La vidéo diffusée sur France.TV

Pendant cette plaidoirie, l'enseignante s'est mise à trembler dans la salle d'audience et est finalement sortie du palais de justice en pleurs.

«Elles salissent leur victime»

« L'attitude des prévenues aujourd'hui démontre qu'elles n'ont absolument rien compris », s'est insurgé Me Franck Chapuis, l'avocat de l'institutrice.

« C'est une enseignante victime d'insultes, de coups et de menaces de mort qui est face à elles et en réponse nous avons deux femmes qui racontent qu'on les a traitées de gitanes. Cela n'apparaît nulle part dans la procédure. C'est comme cela qu'elles se défendent: en salissant leur victime », a-t-il estimé.