Enquête ouverte contre Génération identitaire

L’organisation d’extrême droite avait organisé la semaine dernière une action anti-migrants dans les Pyrénées.

 Le procureur de la République de Saint-Gaudens a ouvert une enquête contre Génération identitaire pour provocation publique à la haine.
Le procureur de la République de Saint-Gaudens a ouvert une enquête contre Génération identitaire pour provocation publique à la haine. AFP/ROMAIN LAFABREGUE

Après la polémique, le temps de la justice. Le procureur de la République de Saint-Gaudens annonce ce mardi avoir ouvert une enquête à l'encontre du mouvement d'extrême droite Génération identitaire pour provocation publique à la haine ou à la violence.

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Mardi 19 janvier, « une trentaine de militants de GI dans des voitures sérigraphiées Défend Europe » se sont installés au Col du Portillon. Certains sont « partis en randonnée », utilisant « un drone » pour surveiller la frontière. Selon un message de Génération identitaire posté sur les réseaux sociaux, cette campagne entendait lutter contre le « risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées ».

La dissolution à l'étude

Auprès du Parisien, le commandant en chef de la gendarmerie de Saint-Gaudens indiquait quelques jours plus tard n'avoir constaté « aucun trouble à l'ordre public » et « aucune opération de remise de migrants ».

Ce mardi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est dit scandalisé par les opérations anti-migrants menées par Génération identitaire. Lors de sa conférence de presse mensuelle sur l'activité des forces de l'ordre, il a indiqué avoir demandé à ses services de réunir les éléments qui pourraient permettre de dissoudre Génération identitaire. Le ministre ajoute vouloir agir « évidemment dans le cadre des lois et des règlements de la République en proposant notamment, une fois que ces éléments seront réunis, le contradictoire dû à chaque association »

En réaction, Génération identitaire a publié et diffusé ce mardi une pétition pour contester la dissolution souhaitée par le gouvernement. « Le 5 janvier 2021, les autorités avaient soi-disant fermé le Col du Portillon, à la frontière franco-espagnole, pour risque « migratoire et terroriste », peut-on lire. Génération Identitaire a voulu s'en assurer… et a pu vérifier que ce n'était pas le cas. De toute évidence, le ministre de l'Intérieur ne supporte pas que sa pseudo-fermeté s'avère être une nouvelle fois de l'esbroufe. »

« Ils sont plus malins que les autres »

« II y a déjà beaucoup d'études qui ont été lancées pour nous dissoudre mais on n'a rien à nous reprocher, la justice approuve toutes nos actions », réagit Clément Gandelin dit « Galant », le président de Génération identitaire. « Gérald Darmanin n'arrivera pas à nous dissoudre facilement. On n'a jamais été condamné ». En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d'appel de Grenoble pour des précédentes opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

La dissolution de Génération identitaire apparaît en effet difficile à matérialiser. « Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin », souligne le ministère de l'Intérieur. Les actions du groupuscule pourraient relever de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine » ou « présentant, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ». « La difficulté est juridique. Il faut matérialiser (ces) éléments. Génération Identitaire fait bien attention à ne pas tomber dedans dans toute sa production littéraire, sur le net ou ailleurs », explique une source sécuritaire.