«La préméditation est avérée» : le tueur présumé de DRH mis en examen pour assassinats

Gabriel Fortin a été mis en examen après avoir tiré sur deux femmes dans la Drôme et en Ardèche. Il est par ailleurs soupçonné d’un autre meurtre dans le Haut-Rhin et d’une tentative.

 Guilherand-Granges (Ardèche), ce vendredi. Des fleurs ont été déposées devant l’entreprise où travaillait Géraldine, l’une des victimes.
Guilherand-Granges (Ardèche), ce vendredi. Des fleurs ont été déposées devant l’entreprise où travaillait Géraldine, l’une des victimes.  AFP/Philippe Desmazes

Un parcours macabre, mais toujours aucune explication. Depuis son arrestation jeudi matin à Valence (Drôme), Gabriel Fortin, 45 ans, reste irrémédiablement muet sur les motivations de son expédition punitive qui a fait trois victimes et un blessé.

Ce samedi, le suspect a été mis en examen pour les assassinats de Patricia Pasquion, au sein de l'agence Pôle emploi de Valence (Drôme), et de Géraldine Calcin, directrice des ressources humaines de l'entreprise Faun à Guilherand-Granges (Ardèche). Toutes les deux ont été tuées en à peine trente minutes, ce jeudi matin. Dans les jours à venir, Gabriel Fortin devrait aussi être mis en examen pour le meurtre d' Estelle Luce, abattue mardi soir à la sortie de son entreprise située à Wolfgantzen (Haut-Rhin), et pour une tentative de meurtre commise quelques minutes plus tard sur Bertrand M.

Vengeance après un licenciement ?

Avec ou sans l'aide de Gabriel Fortin, les deux juges d'instruction de Valence vont tenter de retracer son funeste trajet et de comprendre ce qui a pu motiver son passage à l'acte plus de dix ans après son dernier contact avec les trois cibles qu'il avait fréquentées dans le passé. Depuis combien de temps Gabriel Fortin avait-il prévu ce voyage en Alsace, puis ce retour dans la Drôme et l'Ardèche où il a vécu quelques années ? «La préméditation sur les deux faits (NDLR : commis jeudi) est parfaitement avérée», assure en tout cas le procureur de la République de Valence, Alex Perrin.

Ce mardi, Gabriel Fortin a loué un véhicule Hyundai rouge et quitté la Lorraine avec un pistolet Taurus, un Glock et de «multiples cartouches». Le soir même, un véhicule similaire au sien est repéré sur les lieux du meurtre d'Estelle Luce, abattue par des balles de type Luger 9 millimètres – le calibre du pistolet Taurus.

Quelques minutes plus tard, Bertrand M. est agressé à son domicile de Wattwiller (Alsace). Il a formellement reconnu Gabriel Fortin et se souvient l'avoir licencié entre 2006 et 2008 lors d'un plan social mené lors du rachat de l'entreprise Francel de Gaillardon (Eure-et-Loir) par Emerson. A l'époque, Estelle Luce était son assistante. Des expertises ADN menées en urgence ont par ailleurs permis de découvrir l'empreinte génétique du suspect sur un masque chirurgical, une paire de lunettes et une casquette qu'il a perdus en se battant avec Bertrand M. mardi soir.

Aucun signe d'«énervement» avant de faire feu

Le soir même, plusieurs anciens d'Emerson sont placés sous surveillance. Le suspect s'évapore une journée et resurgit jeudi matin à l'agence Pôle emploi de Valence dont il a été radié en 2013. A 8h30, «sans agressivité» ni «énervement», Gabriel Fortin consulte une borne interactive, puis entre dans le bureau de Patricia Pasquion et tire à une reprise. Il n'avait jamais rencontré la quinquagénaire.

Il connaissait en revanche bien Géraldine Caclin, DRH chez Faun, qui avait procédé à son licenciement sans en être décisionnaire. Avant de lui tirer dessus à trois reprises, le meurtrier présumé avait d'ailleurs demandé à voir un responsable qui ne travaille plus chez Faun. Cet homme était-il la vraie cible du suspect ? Gabriel Fortin en avait-il d'autres ? Des courriers saisis chez lui n'ont pas permis de répondre à cette question. Celles posées par les enquêteurs à Gabriel Fortin, qui n'a «montré aucun signe de regrets» selon un proche de l'enquête, sont restées sans réponse.