Deux policiers mis en examen pour des violences sur des Gilets jaunes, dont Jérôme Rodrigues

Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement contestataire, avait été gravement blessé lors d’un rassemblement organisé le 26 janvier 2019 à Paris.

 Jérôme Rodrigues avait été éborgné le 26 janvier 2019.
Jérôme Rodrigues avait été éborgné le 26 janvier 2019. LP/Olivier Lejeune

Deux policiers ont été mis en examen ce mercredi pour des faits de violences commises contre des Gilets jaunes. Parmi les faits reprochés, l'éborgnement de Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, le 26 janvier 2019.

Le policier accusé d'avoir lancé la grenade qui a causé la perte de l'œil droit de Jérôme Rodrigues lors du rassemblement du 26 janvier 2019 à Paris, a été mis en examen pour des « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente », aggravées. Une qualification criminelle passible des assises.

L'autre policier est poursuivi pour des « violences volontaires aggravées » sur un autre manifestant participant au même rassemblement, un ami de Jérôme Rodrigues prénommé Mickaël. Les deux fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire par les juges d'instruction, chargés des investigations depuis le 13 février 2019.

Les policiers disent avoir fait face à de l'hostilité

Ce mercredi, l'Obs révèle les conclusions de l'Inspection générale de la police nationale sur les investigations conduites sur ces mêmes faits. « Bien notés », ils bénéficient de « la confiance de leur hiérarchie » écrit le rapport de l'IGPN, cité par nos confrères. L'un se voit reprocher un tir de LBD, l'autre un tir de GMD, les grenades de désencerclement. Le doute a longtemps plané sur l'origine de la blessure de Jérôme Rodrigues. Les expertises médico-balistiques ont conclu que le militant avait été atteint par un palet de grenade GMD. Ce que conteste toujours aujourd'hui le Gilet jaune.

Lors des auditions, l'auteur du tir de LBD indique avoir été formé à l'usage de cette arme en 2016, sans jamais avoir pu s'entraîner jusqu'au tir qui lui est reproché par la justice. Il assure avoir fait usage de son arme ce jour-là en état de « légitime défense », se disant alors encerclé par des manifestants « hostiles ». Une version contredite par des manifestants interrogés par les enquêteurs de l'IGPN. L'un explique ainsi n'avoir « pas compris » pourquoi les policiers avaient fait usage de leurs armes alors que l'atmosphère était encore « calme » sur la place de la Bastille. Il assure avoir crié aux policiers de ne pas viser la tête des manifestants. Le policier qui a fait usage des grenades de désencerclement a lui assuré avoir tiré au sol.

Les images font défaut

L'enquête a été rendue compliquée par le fait que les enquêteurs n'ont pas pu utiliser d'images vidéo, alors que les forces de l'ordre étaient déjà censées se travailler en binôme avec l'un des agents systématiquement équipé d'une caméra. Or, le policier qui était censé filmer aux côtés du tireur de LBD a indiqué ne pas savoir « pour quelle raison aucune image n'avait été enregistrée, émettant l'hypothèse d'un dysfonctionnement de l'appareil ou d'une erreur de manipulation. Il indiquait également qu'il était tombé au moment de l'arrivée place de la Bastille, et que la caméra avait alors pu être détériorée ».

Pour l'IGPN, le tireur de LBD a « manqué au devoir de discernement par une décision ou une action manifestement inadaptées ». Quant au tireur de grenade, ce dernier se voit reproché par la police des polices d'avoir « fait preuve d'un usage disproportionné de la force ou de la contrainte avec une arme ou un moyen de défense intermédiaire suivi de blessures ». Ces conclusions ont donc été prises en compte par la justice.

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Dans un direct Facebook, Jérôme Rodrigues est revenu ce mercredi sur cette annonce : « Il a fallu deux ans malgré les preuves et les vidéos pour qu'une part de la vérité puisse être mise au grand jour […] J'espère que cette décision fera date et permettra à l'ensemble des mutilés d'avoir la même justice que moi. »

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Posted by Jérôme Rodrigues Officiel on Wednesday, February 10, 2021