Dépistage du Covid : de nombreux contrôles à la frontière franco-espagnole

Toute entrée en France, à quelques exceptions près, depuis un pays de l’espace européen est désormais soumise à un test PCR négatif. Les contrôles à la frontière franco-espagnole mobilisent une centaine de fonctionnaires par jour.

 Le Boulou - Le Perthus (Pyrénées-Orientales), samedi 6 février 2021. Les agents de la police aux frontières, appuyés par les CRS, contrôlent systématiquement l’entrée en France, conditionnée à un test PCR négatif de moins de 72 heures.
Le Boulou - Le Perthus (Pyrénées-Orientales), samedi 6 février 2021. Les agents de la police aux frontières, appuyés par les CRS, contrôlent systématiquement l’entrée en France, conditionnée à un test PCR négatif de moins de 72 heures. LP/Christian Goutorbe

« La vuelta o la multa. Le demi-tour ou l'amende… à 135 euros, vous avez le choix! » s'exclame dans un espagnol parfait l'agent de la police aux frontières (PAF) sur le barrage du Perthus (Pyrénées-Orientales). Face à lui, un conducteur espagnol de camionnette choisit « la vuelta », bientôt imité par un couple de Suisses de Bâle dans leur break Volvo. « Ce chauffeur n'a pas le statut de transporteur, même s'il s'est fait prêter cette fourgonnette par son patron et il n'a pas de test PCR négatif de moins de 72 heures », argumente le policier. Car, depuis le 1er février minuit, on ne peut plus franchir la frontière française sans fournir un test PCR négatif. A trois tolérances près : les chauffeurs routiers, les résidents en France proches de la frontière avec un rayon de déplacement de 30 km et les clients qui viennent faire leurs courses dans le quartier espagnol Els Limites du village frontière français du Perthus.

« Ça fait cher la cartouche de cigarettes ! »

Florent, jeune électricien de Béziers (Hérault) vient de l'apprendre à ses dépens. Il proteste : « J'avais pourtant vérifié sur le site des affaires étrangères où il est indiqué que les tests sont nécessaires pour les ports et les aéroports seulement. Je suis allé à la Jonquera pour acheter une cartouche de cigarettes. Je n'ai croisé personne. J'ai pris l'autoroute pour aller plus vite et voilà ! Si j'avais su, je serais passé par Le Perthus où l'on peut accéder aux bureaux de tabac du quartier espagnol », explique-t-il en attendant de recevoir l'amende à 135 euros. « Ce qui fait cher la cartouche ! » fulmine-t-il.

A la barrière autoroutière A9 du Boulou, au pied du col du Perthus, en ce premier jour de vacances scolaires, la circulation transfrontalière est régulière mais peu soutenue. « Nous avons perdu environ 80 % du trafic routier depuis dix jours. Forcément l'exigence du test réduit les échanges. Et nous contrôlons les principaux points de passage 24 heures sur 24 ce qui nous permet aussi de filtrer encore plus efficacement les entrées sur le territoire. Chaque journée de contrôle réclame la mobilisation d'une centaine d'hommes (PAF et CRS) pour l'autoroute, Le Perthus et les gares de Cerbère et de Perpignan », ajoute le commissaire divisionnaire Hervé Cazaux qui dirige la PAF des Pyrénées-Orientales. Depuis le 1er février ses hommes ont verbalisé près de 430 fois (29 pour la seule journée de ce samedi 6 février au Perthus et au Boulou). Dont un bus de voyageurs roumains qui rentraient au pays : 35 contraventions d'un coup.

« En Espagne, je ne sais même pas où me tester et c'est payant »

« Je n'avais pas le temps de faire le test en Espagne et d'attendre le résultat. Alors, j'ai pris la route sans le test mais je me sens parfaitement bien. D'un autre côté, il faut mettre en place des contrôles pour limiter le développement de la pandémie », reconnaît Jean-Pierre, un administrateur Internet qui s'apprête à repartir pour Mâcon, après une semaine passée auprès de sa mère près de Barcelone. « Je dois continuer ma route. Je choisis donc l'amende car en Espagne, je ne sais même pas où me tester et c'est payant », ajoute-t-il avec une pointe de fatalisme.

Le dispositif a été mis en place par le préfet Etienne Stoskopf alors que la pandémie prend une inquiétante nouvelle tournure en Catalogne avec le dépistage du Variant britannique dans les eaux usées de Figueres et de Gérone. Ce même nouveau virus circule à grande vitesse dans la comarque (Communauté) de la Garrotxa à Olot. Et 19 ressortissants français se sont fait épingler par les policiers espagnols lors du démantèlement d'un réseau de prostitution organisé dans un hôtel près de la Jonquera.