Daech : un djihadiste belge condamné à la pendaison en Irak

Au cours de l’enquête, il avait été dit que Tarik Jadaoun avait entraîné les lionceaux du Califat, mais ce fait d’armes n’a pas été évoqué lors des audiences.

 A la différence de cette photo non datée, fournie par la justice irakienne, Tarik Jadaoun s’est présenté le crâne et la barbe rasés à l’audience de ce 22 mai.
A la différence de cette photo non datée, fournie par la justice irakienne, Tarik Jadaoun s’est présenté le crâne et la barbe rasés à l’audience de ce 22 mai.  AFP

Le djihadiste belge Tarik Jadaoun, qui avait menacé d'attentats la Belgique et la France, a été condamné ce mardi en Irak à la mort par pendaison pour appartenance au groupe Etat islamique (EI). Depuis que l'Irak a commencé à juger les prisonniers ou les repentis de Daech, il est rare que la peine fatale soit prononcée contre des ressortissants d'Europe de l'Ouest.

A l'ouverture de son procès, le 10 mai dernier, Tarik Jadaoun avait plaidé non coupable, affirmant s'être « fourvoyé ». Le Belge d'origine marocaine, né en 1988, issu de la cellule de Verviers, avait rejoint l'EI sous le nom de guerre d'Abou Hamza al-Belgiki. De là, il avait appelé dans des vidéos à frapper l'Europe et avait été surnommé le « nouvel Abaaoud », en référence à Abdelhamid Abaaoud, l'un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France, décédé à Saint-Denis quelques jours plus tard. Jadaoun avait été arrêté le 23 août 2017 à Mossoul par les troupes irakiennes. « Je n'étais pas combattant, je dirigeais une section d'infirmiers de l'EI, je soignais tout le monde. J'ai travaillé à l'hôpital al-Joumhouriya de Mossoul et dans des hôpitaux ambulants à Makhoul et Beïji », avait-il assuré, se disant « désolé ». Quant aux vidéos de menaces, « je n'avais pas le choix », avait-il encore dit, « un des plus hauts dirigeants de l'EI m'a demandé de faire ces vidéos ».

Il peut faire appel

Quelques mois plus tôt, la justice irakienne avait annoncé que le prévenu avait reconnu lors de ses interrogatoires avoir formé les « lionceaux du califat », mais ces faits n'ont jamais été évoqués le 10 mai, pas plus qu'à cette nouvelle audience.

Ce mardi matin, le jeune homme a été amené dans le box de bois grillagé des accusés vêtu de l'uniforme beige des détenus, le crâne rasé, le visage simplement agrémenté d'une moustache. Cette fois, il n'a rien voulu ajouter comme le juge l'invitait à le faire après avoir lu la liste des chefs d'accusation pesant sur lui, notamment son rôle de combattant au sein de l'EI et son entrée illégale sur le territoire irakien. Le verdict a été annoncé moins de dix minutes après l'ouverture de l'audience. Jadaoun, le visage décomposé, a immédiatement été emmené par les forces irakiennes vers sa prison, le visage couvert.

Il a 30 jours pour faire appel, après quoi la pendaison pourra être exécutée.

Des centaines d'Irakiens comparaissent quasi quotidiennement pour leur appartenance ou leur soutien à Daech, et les verdicts vont de l'acquittement à la perpétuité. Plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangers, ont été condamnées à la peine capitale. La plupart des condamnés étrangers sont Turcs ou originaires des anciennes républiques d'Union soviétique. Une Allemande et une Française ont été récemment condamnées à la perpétuité.

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A ce jour, aucun ressortissant d'un pays occidental condamné à mort pour appartenance à l'EI n'a été exécuté.