Crues dans les Alpes-Maritimes : cinq corps formellement identifiés rendus aux familles

L’eau a emporté « près de 400 tombes (…) ce qui complexifie considérablement la tâche des enquêteurs », a expliqué le procureur.

 A Saint-Martin-Vésuvie, dans les Alpes-Maritimes, après le passage de la tempête Alex.
A Saint-Martin-Vésuvie, dans les Alpes-Maritimes, après le passage de la tempête Alex. LP/Olivier Lejeune

Les dépouilles de cinq victimes des crues dévastatrices de début octobre dans les Alpes-Maritimes ont été rendues aux familles après leur identification formelle, a indiqué ce mercredi le parquet de Nice, portant à 13 le bilan provisoire des disparus dans la catastrophe, contre 9 auparavant.

L'eau a emporté « près de 400 tombes (…) ce qui complexifie considérablement la tâche des enquêteurs », a souligné le procureur de la République Xavier Bonhomme, en invitant à la « prudence » concernant le bilan provisoire de sept corps retrouvés dont cinq attribués avec certitude aux intempéries et 13 disparus.

« Le bilan n'est pas figé »

Dans ce décompte, un corps avait été retrouvé à Monaco et rapidement remis aux autorités françaises. Parmi les victimes identifiées figure aussi un pompier de 49 ans emporté par les eaux et à qui un hommage officiel doit être rendu mercredi après-midi en présence du préfet. Sept corps ont aussi été retrouvés en Italie sans certitude sur la cause ou le lieu du décès. « Dans le bilan, on peut certes additionner tout, mais tout en étant extrêmement prudents. Les recherches se poursuivent, le bilan n'est pas figé », a-t-il insisté.

« Il faut avoir conscience que nous sommes en présence d'un événement totalement hors norme », a souligné le procureur lors d'un point presse avec la gendarmerie. Le procureur a fait référence aux dégâts matériels impressionnants subis par les deux vallées les plus touchées, la Vésubie et la Roya, mais surtout au caractère inédit selon lui en France de la destruction de deux cimetières, totale à Saint-Martin-Vésubie et partielle à Saint-Dalmas-de-Tende. « D'après les informations que nous avons recueillies, c'est la première fois », a dit Xavier Bonhomme.

« 48 heures devant nous »

Or, « les médecins légistes nous disent qu'en général, au bout de quatre ou cinq jours dans l'eau, il est très difficile voire impossible de déterminer s'il s'agit d'un corps lié à la tempête ou […] provenant d'un des deux cimetières », a-t-il ajouté.

« C'est empirique et à prendre avec précaution mais […] nous avons peut-être 48 heures devant nous, et encore… », a complété le colonel Nicolas Thiburce, chef de division à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) dont l'équipe travaille à l'identification des corps.

Interrogé enfin pour savoir si des plaintes avaient été déposées par exemple pour des constructions en zones réputées inondables, Xavier Bonhomme a assuré : « Pour l'instant, je suis dans l'urgence de tout mettre en œuvre pour retrouver d'éventuelles victimes. Si je suis saisi dans les jours ou les semaines qui viennent de plaintes visant tel ou tel dysfonctionnement, je ferai mon travail ».