Corse : un nouvel incendie vise un agent pénitentiaire

Après une série d’événements similaires en juillet, un incendie criminel a visé le haras d’une gardienne de la prison de Borgo.

 Depuis juillet, des biens matériels appartenant à des surveillants pénitentiaires travaillant dans la prison de Borgo, en Corse, ont été incendiés. (Illustration).
Depuis juillet, des biens matériels appartenant à des surveillants pénitentiaires travaillant dans la prison de Borgo, en Corse, ont été incendiés. (Illustration). AFP/PASCAL POCHARD-CASABIANCA

Pour le syndicat Force Ouvrière PACA-Corse, c'est évident. L'incendie criminel qui a visé dans la nuit de lundi à mardi le haras d'une gardienne de la prison de Borgo en Haute-Corse, s'inscrit dans une série d'événements similaires en juillet.

Une enquête pour destruction par moyen dangereux a été ouverte et confiée à la gendarmerie, a indiqué le parquet de Bastia. Aucun animal n'a été blessé dans l'incendie.

« Cette fois-ci, c'est la propriété personnelle d'un officier, en l'occurrence une écurie, qui a été volontairement incendiée », dénonce le syndicat qui assure que « le lien avec les fonctions de cet officier au centre pénitentiaire de Borgo est évident ».

La personne visée était intervenue « pour interdire des rassemblements festifs au sein de l'établissement pénitentiaire », a indiqué une source proche du dossier.

FO demande « des mesures fortes »

Le syndicat appelle à ce que soit mis « fin à ces violences » et « exhorte la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Marseille et la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) à prendre enfin des mesures fortes pour, d'une part remettre de l'ordre dans cet établissement et d'autre part (..) assurer la sécurité personnelle des agents du CP Borgo ».

En juillet, plusieurs enquêtes avaient été ouvertes par le parquet de Bastia à la suite de l'incendie de plusieurs véhicules de personnels pénitentiaires devant la prison ou devant leurs domiciles.

Des tags avaient aussi été découverts sur la façade de la prison, incitant nominativement deux agents à partir et le directeur de l'établissement avait reçu une lettre de menace.

Tout a commencé par une fête d'anniversaire

Une source proche du dossier avait alors indiqué que tout était parti d'un téléphone portable saisi lors d'une fouille aléatoire et qui contenait une vidéo montrant une fête dans une cellule avec des bouteilles de champagne et plusieurs détenus en train de se filmer avec des téléphones portables. Selon une autre source, des gardiens étaient présents à la « fête ».

Cette « fête » avait donné lieu à des fouilles de cellules. Une lettre anonyme signée les « détenus du centre pénitentiaire de Borgo » avait ensuite dénoncé « les pressions » de la direction après cette « fête anniversaire » et assurait que les « familles et amis […] ne laisser (aient) pas ces injustices et pressions mentales constantes se dérouler ainsi ».

La direction de l'administration pénitentiaire avait alors indiqué prendre « très au sérieux » cette « série de faits ». En janvier 2018, deux surveillants du centre de Borgo avaient été blessés à l'arme blanche.