Coronavirus : 88 détenus testés positifs en France, dont 41 à Fresnes

Le bilan national hebdomadaire montre un doublement du nombre de détenus testés positifs. Une nouvelle doctrine a été diffusée mercredi aux établissements pénitentiaires.

 Centre pénitentiaire de Fresnes, le 2 mars 2017. 188 agents pénitentiaires sont également contaminés.
Centre pénitentiaire de Fresnes, le 2 mars 2017. 188 agents pénitentiaires sont également contaminés. LP/Philippe de Poulpiquet

Le nombre de détenus testés positifs au Covid-19 a doublé en une semaine. Alors qu'ils étaient 47 lors du dernier bilan national hebdomadaire du 5 octobre, ils sont désormais 88 contaminés, selon les chiffres du 12 octobre, comme l'indique ce jeudi la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).

Cela porte à 532 le nombre de prisonniers testés positifs depuis le début de l'épidémie, sur environ 60 000 détenus, répartis dans 188 établissements pénitentiaires. Un seul prisonnier est décédé, un homme de 74 ans qui était incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), mort à la mi-mars.

Parmi les prisonniers infectés, 41 ont été enregistrés dans le seul établissement de Fresnes, qui compte 1725 prisonniers. Ils ont été testés lors d'une campagne de dépistage réalisée les 8 et 9 octobre. A la suite de ce premier dépistage, 487 détenus d'une même division ont été confinés afin de les isoler du reste de la détention, a précisé la DAP.

Concernant le personnel pénitentiaire, 905 agents sur les 41 000 en France ont été testés positifs depuis le début de l'épidémie, dont 188 sont actuellement contaminés.

Des nouvelles mesures selon quatre situations

En raison de l'évolution sanitaire et du placement de plusieurs territoires en zone d'alerte maximale, une nouvelle doctrine a été diffusée mercredi aux établissements pénitentiaires. Elle prévoit une stratégie graduée et ciblée, en lien avec les autorités sanitaires, explique l'administration pénitentiaire.

Les nouvelles mesures sont déclinées selon quatre situations : si l'établissement est situé en zone verte, en zone rouge ou en zone d'alerte maximale sans être un cluster, ou s'il est un cluster. Dans les prisons situées en zone d'alerte maximale et dans celles où a été détecté un cluster (soit à partir de trois cas), le port du masque est généralisé pour les détenus dès qu'ils sortent de la cellule. Les activités collectives peuvent également être limitées ou suspendues, mais les parloirs restent maintenus.

Le port du masque peut également être généralisé dans les établissements situés en zone d'alerte ou d'alerte renforcée, après discussions avec les autorités sanitaires. Il était déjà obligatoire pour tous les détenus dès lors qu'ils étaient en contact avec des intervenants extérieurs ou lors d'extractions judiciaires ou médicales.

Pour renforcer cet « anneau sanitaire », le port du masque devient systématique pendant quatorze jours pour les nouveaux arrivants (isolés et testés après sept jours), mais aussi au retour de permissions de sortie et d'unités de vie familiale.