Chevaux mutilés : prison avec sursis pour 2 femmes qui avaient menacé des automobilistes

Signe de la «psychose» qui règne en Bretagne où de nombreux animaux ont été blessés, une mère et sa fille avaient établi un barrage sauvage sur une route pour traquer d’éventuels rôdeurs. Elles ont été condamnées ce jeudi à Quimper à six mois de prison avec sursis.

 Après la découverte d’animaux mutilés dans le Finistère en août, deux femmes avaient menacé des automobilistes lors d’un contrôle sauvage.
Après la découverte d’animaux mutilés dans le Finistère en août, deux femmes avaient menacé des automobilistes lors d’un contrôle sauvage. LP/Aurélie Ladet

Toujours en partie inexpliquée, la multiplication de cas d'équidés mutilés partout en France continue d'angoisser de nombreux propriétaires de chevaux. La Bretagne, où les éleveurs et agriculteurs sont particulièrement nombreux, n'échappe pas à la règle. A tel point que la psychose a conduit une femme de 53 ans et sa fille de 23 ans à vouloir traquer d'éventuels rôdeurs pour tenter de rendre justice elles-mêmes.

Dans la nuit du 29 au 30 août 2020, ces deux femmes, armées d'un coupe-coupe et d'un pistolet à plomb, ont procédé à des contrôles sauvages dans le sud du Finistère, sur la commune de Rosporden − une commune limitrophe de Bannalec, où, dans la nuit du 27 au 28 août, deux bêtes avaient été retrouvées mutilées. Deux automobilistes, qui revenaient de leur travail à Quimper, se sont alors retrouvés arrêtés sur la route et menacés par les deux éleveuses alors qu'elles regagnaient leur domicile. Ils avaient déjà été contrôlés la veille par deux individus (qui n'ont pas été identifiés). Leur plaque d'immatriculation avait ainsi été relevée et diffusée sur les réseaux sociaux, expliquant vraisemblablement ce second contrôle par les deux « justicières ».

Un message d'apaisement

Jugées devant le tribunal correctionnel de Quimper ce jeudi 14 janvier dans le cadre d'une CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) pour « violence avec arme en réunion sans incapacité » et « immixtion dans une fonction publique », les deux mises en cause encouraient jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75000 euros d'amende. Elles ont finalement été condamnées à six mois de prison avec sursis et d'une interdiction de port d'arme pendant une durée de trois ans.

« Il n'est pas admissible que des éleveurs sous l'émotion tentent de se faire justice eux-mêmes », avait rappelé, début septembre, le nouveau préfet du Finistère, Philippe Mahé. A l'instar du parquet de Quimper, ce dernier souhaitait véhiculer un message d'apaisement, et surtout rappeler une interdiction aussi logique que formelle quant au fait de se substituer aux forces de l'ordre. Dans le Morbihan, un peu plus loin, une cellule spéciale mise en place par la compagnie de gendarmerie de Lorient, a d'ailleurs vu le jour en août dernier, afin de rassurer les propriétaires d'équidés et de calmer « une psychose ambiante ».