Cantal : Kamel Daoudi, le plus ancien assigné à résidence, retourne en prison

L’homme, condamné à six ans de prison en 2005, a été interdit de territoire, mais ne peut toutefois pas être expulsable en Algérie.

 Kamel Daoudi a été condamné en 2005 en tant que membre d’un groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, accusé d’avoir voulu commettre un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris en 2002.
Kamel Daoudi a été condamné en 2005 en tant que membre d’un groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, accusé d’avoir voulu commettre un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris en 2002.  AFP/LAURENCE DE VELLOU

Cela faisait 12 ans que Kamel Daoudi était assigné à résidence. Après avoir été soumis à ce strict régime depuis 2008, cet Algérien condamné pour terrorisme a été interpellé et écroué vendredi soir à Aurillac , dans le Cantal, a-t-on appris ce lundi de sources judiciaires. Il lui est reproché de ne pas avoir respecté les conditions de son assignation.

Kamel Daoudi, 45 ans, a été arrêté vendredi soir dans un café alternatif d'Aurillac, où il préparait des repas, pour avoir dépassé les horaires de son assignation, selon son avocat Emmanuel Daoud, confirmant une information du quotidien régional La Montagne.

Un « traitement inhumain et dégradant »

Une autre condition de son assignation l'obligeant à chercher un pays d'accueil n'a pas été respectée, a précisé le parquet d'Aurillac. Kamel Daoudi doit être jugé le 6 octobre. Son audience a été différée en raison de réquisitions prises pour géolocaliser son téléphone portable, a ajouté la même source.

Il est également reproché au quadragénaire de ne pas avoir respecté les règles du couvre-feu qui lui est imposé entre 21 heures et 7 heures, certains soirs en juin et juillet, selon Me Daoud, qui a annoncé que son client avait entamé une grève de la faim. « C'est à se demander si on veut le pousser à bout pour régler le problème », a dénoncé l'avocat, fustigeant le « traitement inhumain et dégradant » infligé à un homme « placé dans une situation impossible alors qu'il respecte son assignation depuis plus de dix ans ».

Impossible de retourner en Algérie

En 2005, Kamel Daoudi avait été condamné en appel à six ans de prison et à une interdiction définitive du territoire pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », et déchu de sa nationalité française. Il était membre d'un groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, soupçonné d'avoir préparé un attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Paris.

Interdit de territoire, il n'est toutefois pas expulsable en Algérie au vu des risques de torture encourus. Il reste donc assigné à résidences successives depuis 2008, une assignation « à perpétuité » qu'il dénonce et qui en fait selon ses soutiens le plus ancien assigné à résidence de France.