Beauvau de la sécurité : Jean Castex veut «plus de policiers et de gendarmes» sur le terrain

Les conclusions de cette concertation doivent servir de base à la future loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure prévue en 2022.

Annoncé par Emmanuel Macron en décembre, le Beauvau de la sécurité, grande concertation nationale consacrée à la police et la gendarmerie, a été ouverte ce lundi par Jean Castex, le Premier ministre.

Elle doit réunir tous les quinze jours jusqu'en mai élus, syndicats de police, représentants de la gendarmerie, experts et « personnalités qualifiées » autour de huit tables rondes thématiques : la formation, l'encadrement, les moyens humains et matériels, la captation de vidéos, la réforme de l'IGPN, le lien entre forces de l'ordre et population, ainsi qu'un huitième chantier consacré à « la relation à l'autorité judiciaire ».

Jean Castex a tout d'abord insisté sur le « travail particulièrement difficile » des policiers et gendarmes en rappelant le « chiffre énorme et inacceptable » de 8 700 blessés au cours de leurs missions en 2020. Il a fixé plusieurs priorités à commencer « par préconisations ambitieuses en termes d'organisation, d'emplois, de simplification des procédures », a-t-il lancé.

« Au plus près du terrain et des populations »

L'objectif est de permettre « d'avoir le plus de policiers et de gendarmes » sur le terrain. Selon lui, les forces de l'ordre doivent être « au plus près du terrain et des populations, les moins engluées que possible dans des procédures lourdes ou inadaptées », a ajouté le Premier ministre.

« Il nous faut valoriser, dans tous les sens du terme, la présence sur la voie publique, la priorité donnée à l'action de terrain et du quotidien, a-t-il ajouté, aux côtés du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.

Et d'ajouter : « La lourdeur de la procédure pénale » et la « multiplication des tâches indues » sont dénoncées depuis des années par les syndicats. Ces derniers, qui accusent régulièrement la justice de laxisme, ont obtenu que soit ajoutée aux débats la question des relations entre la police et l'autorité judiciaire.

Par ailleurs, Jean Castex a vanté l'augmentation de 8 % du budget 2021 du ministère de la Justice en jugeant qu'elle permettra de « donner à la réponse pénale toute sa portée » et d'« améliorer significativement la qualité et la rapidité de la chaîne pénale ».

Sévérité sur les dérives de la police

Alors que la police est secouée depuis plusieurs mois par des accusations de violences et de racisme, le Premier ministre a souligné que le gouvernement ne saurait « tolérer que des pratiques inadmissibles puissent venir entacher l'exercice » des forces de l'ordre. Il a reconnu que c'est un sujet « complexe » qui doit être abordé « en toute lucidité et sans arrière-pensée » et « ne mérite ni raccourcis, ni généralisations hâtives, ni déni. »

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Les conclusions de ces échanges doivent servir de base à la future loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022.