Bar « antifa » attaqué : cinq militants d’ultradroite jugés en janvier à Paris

Des membres du groupe « Zouaves Paris » ont été interpellés jeudi pour « dégradations » et « violences » en 4 juin dans un bar de la mouvance antifasciste de l’est parisien.

 Rue des Panoyaux, le bar antifa le Saint-Sauveur avait été attaqué le 4 juin par des militants de l’ultra-droite. (Illustration)
Rue des Panoyaux, le bar antifa le Saint-Sauveur avait été attaqué le 4 juin par des militants de l’ultra-droite. (Illustration) DR.

Cinq militants d'un groupe d'ultradroite doivent être jugés le 15 janvier pour « dégradations » et « violences » commises le 4 juin dans un bar de l'est parisien emblématique de la mouvance antifasciste, a appris l'AFP lundi auprès du parquet de Paris, confirmant une information de Mediapart.

La police était intervenue vers 21 heures au « Saint-Sauveur », dans le XXe arrondissement, pour une rixe impliquant une vingtaine d'individus après l'irruption sur place d'un groupe armé de battes de base-ball et d'aérosols de gaz lacrymogène qui avaient dégradé l'intérieur du débit de boissons et agressé des clients. Un blessé avait été pris en charge par les services de secours.

Sept ans après la mort de Clément Méric

Cette attaque s'était produite quasiment sept ans jour pour jour après l a mort du jeune militant antifasciste Clément Méric, le 5 juin 2013, lors d'une rixe à Paris entre militants d'extrême gauche et skinheads d'extrême droite.

Une enquête avait été confiée à la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (Dspap) et des sources policières avaient confirmé que les assaillants appartenaient à des groupuscules d'ultradroite.

Cinq militants ont été arrêtés jeudi. A l'issue de leur garde à vue, ils ont été présentés vendredi au parquet de Paris qui a décidé de les faire juger le 15 janvier devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences en réunion n'ayant pas entraîné d'interruption de temps de travail (ITT) » et pour « dégradations du bien d'autrui commises en réunion ».

Les victimes n'ont pas porté plainte

Deux d'entre eux sont également poursuivis pour des « refus de remettre aux autorités une clé de déchiffrement d'un moyen de cryptologie ». Ils ont été placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur procès.

Ces militants sont membres d'un groupe appelé Zouaves Paris. Trois d'entre eux ont un casier judiciaire vierge. Les victimes avaient refusé de porter plainte.