Banditisme en Corse : Guy Orsoni condamné à 4 ans de prison pour association de malfaiteurs

Devant la cour d’assises siégeant sans jurés, Guy Orsoni, 36 ans, a contesté toute appartenance à une quelconque organisation criminelle.

Il avait été condamné pour ces faits le 30 juin 2015 en première instance à huit ans de prison par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône
Il avait été condamné pour ces faits le 30 juin 2015 en première instance à huit ans de prison par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône LP/Jean Nicholas Guillo

Des faux papiers et une vraie condamnation. Guy Orsoni, membre présumé du banditisme corse et fils de l’ex-leader nationaliste Alain Orsoni, a été condamné lundi en appel à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la délivrance de faux documents administratifs. Il avait été condamné pour ces faits le 30 juin 2015 en première instance à huit ans de prison par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, qui l’avait dans le même temps acquitté - ainsi que ses coaccusés - de deux meurtres en bande organisée commis en Corse en 2009 et visant des membres du clan dit du Petit Bar.

Rejugé que pour le seul délit concernant des faux papiers

L’appel du parquet général contre ces acquittements ayant été déclaré irrecevable par la Cour de cassation, Guy Orsoni n’était rejugé que pour ce seul délit concernant des faux papiers. L’avocat général Pierre Cortès a requis sa condamnation à six ans de prison avec mandat de dépôt et une interdiction de séjour pendant cinq ans dans les régions Corse et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le 14 juillet 2009, un de ses amis avait été contrôlé à sa descente d’un ferry à Ajaccio en possession d’une enveloppe contenant quatre photos de Guy Orsoni et celles de trois jeunes Ajacciens. Tous les quatre étaient alors en cavale.

Devant la cour d’assises siégeant sans jurés, Guy Orsoni, 36 ans, a contesté toute appartenance à une quelconque association de malfaiteurs. Mais il a reconnu avoir fait acheminer ses photos en Corse à destination d’un correspondant à Corte dans le but d’établir une fausse carte d’étudiant. Ses trois coaccusés qui s’étaient désistés de leur appel souhaitaient, eux, des faux permis de conduire. « On a demandé [à Guy Orsoni] s’il pouvait avoir des faux permis de conduire. On lui a donné nos photos mais il a dit qu’il ne pouvait rien nous promettre », avait déclaré l’un d’eux.

Présenté par un enquêteur comme « une personnalité saillante du banditisme corse », Guy Orsoni est aussi mis en examen et sous mandat de dépôt dans le cadre de l’instruction concernant le meurtre d’un retraité, le 23 août 2018 en Corse-du-Sud, tué par erreur selon l’accusation. Guy Orsoni conteste toute implication dans ces faits. Dans son réquisitoire, l’avocat général a estimé que « Guy Orsoni n’(était) pas sorti de cette logique de règlements de comptes ». En octobre 2018, un mois et demi après avoir été blessé au bras alors qu’il circulait dans sa voiture blindée, « Guy Orsoni est arrêté la cagoule sur le visage et les armes à la main, à proximité du domicile de celui qui aurait essayé de le tuer », a rappelé l’avocat général.

Inscrit à l’université en deuxième année de Langues étrangères appliquées, Guy Orsoni a assuré vouloir rejoindre son père Alain Orsoni au Nicaragua, « pour éviter à mon fils de grandir dans ce contexte que je ne connais que trop ».