Attentat manqué de Villejuif : Sid-Ahmed Ghlam condamné à la perpétuité

Sa perpétuité est assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. L’étudiant algérien est également définitivement interdit de territoire français.

 

Tête baissée au moment du verdict, Sid Ahmed Ghlam n'a pas bronché. L'étudiant algérien a été condamné à la prison à perpétuité, avec une peine de sûreté de 22 ans ce jeudi pour sa tentative d'attentat contre une église de Villejuif et pour avoir assassiné Aurélie Châtelain, une mère de famille. Il écope aussi d'une interdiction définitive du territoire français

Un peu plus tôt, il avait exprimé des regrets, pour la première fois depuis le début de son procès, mais sans rien reconnaître des faits qui lui étaient reprochés.

« Je regrette amèrement mon parcours », a déclaré l'accusé, invité à prendre une dernière fois la parole devant la Cour d'assises spéciale de Paris.

« Je culpabiliserai toute ma vie », a ajouté le jeune homme âgé de 29 ans, contre lequel le parquet avait requis la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans et d'une interdiction définitive de séjour sur le territoire français. Des réquisitions suivies par la cour.

« Faire peur » aux paroissiens.

Les avocats de Sid-Ahmed Ghlam ont plaidé mercredi la relaxe de leur client. Selon ses conseils, le doute qui subsiste sur les circonstances de la mort d'Aurélie Châtelain, une professeure de fitness de 32 ans froidement abattue d'une balle de pistolet sur un parking de Villejuif doit profiter à l'accusé.

Des traces ADN et du sang de Sid-Ahmed Ghlam ont été retrouvés dans la voiture d'Aurélie Châtelain et sur l'arme du crime qu'il détenait.

Tout au long de son procès, l'accusé a nié ce meurtre et a mis en cause un mystérieux complice dont aucun indice n'a confirmé la présence.

S'il a confirmé un projet d'attentat contre une église au nom du groupe Etat islamique (EI), Sid-Ahmed Ghlam a toutefois expliqué aux enquêteurs qu'il s'agissait seulement de « faire peur » aux paroissiens.

Au cours des débats, il a raconté qu'il avait renoncé à ce projet, choqué par la mort d'Aurélie Châtelain, et qu'il s'était volontairement blessé par balle (avec l'arme du crime) à la cuisse pour échapper « aux représailles » de ses commanditaires en Syrie.

Un imposant arsenal a été retrouvé dans le véhicule et au domicile de Sid-Ahmed Ghlam, ainsi que du matériel de propagande djihadiste. À l'audience, il a reconnu avoir « adhéré » à « l'idéologie » de l'islamisme radical et s'être rendu à deux reprises en Turquie où il a rencontré de hauts responsables de l'EI.

Mais il soutient désormais être en voie de déradicalisation et se présente comme un « repenti ».