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Attaque du commissariat de Champigny : «La police dérange», explique Darmanin

Après l’attaque du commissariat de Champigny dans la nuit de samedi à dimanche, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avoue avoir eu « un sentiment de dégoût de voir un symbole de la république ainsi attaqué ».

 Selon Gérald Darmanin, « il y a aussi un lien évident entre ces violences et la lutte menée dans ces quartiers contre le trafic de drogue ».
Selon Gérald Darmanin, « il y a aussi un lien évident entre ces violences et la lutte menée dans ces quartiers contre le trafic de drogue ».  AFP/Christophe ARCHAMBAULT

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui s'est rendu ce dimanche soir à Champigny (Val-de-Marne) après l'attaque du commissariat, a demandé à ce que « tous les moyens soient entrepris pour interpeller les auteurs, dont les premiers éléments poussent à croire que certains sont très jeunes ». Il a également fait savoir qu'Emmanuel Macron recevrait jeudi les organisations syndicales des policiers.

Quelle a été votre réaction après l'attaque du commissariat de Champigny-sur-Marne cette nuit ?

GÉRALD DARMANIN. J'ai eu un sentiment de dégoût de voir un symbole de la république ainsi attaqué. Mais j'ai été rassuré qu'aucun policier n'ait été blessé malgré la violence de l'attaque. Les assaillants ont été maintenus à l'extérieur grâce au sang froid des forces de l'ordre et au renfort de sécurisation engagé dans ce commissariat. J'ai demandé à ce que tous les moyens soient entrepris pour interpeller les auteurs, dont les premiers éléments poussent à croire que certains sont très jeunes. Comme je l'ai déjà dit, nous sommes confrontés à une violence plus forte, avec des actes de sauvagerie à l'encontre de tout ce qui représente l'autorité de la république : forces de l'ordre, pompiers, élus… Il y a aussi un lien évident entre ces violences et la lutte que nous menons dans ces quartiers contre le trafic de drogue. Ce commissariat se trouve au cœur d'un quartier difficile, un des lieux les plus importants du trafic d'héroïne en Ile-de-France. Plusieurs opérations anti-stupéfiants se seront déroulées ces dernières semaines dans le Val-de-Marne. Sans doute cela a-t-il un lien…

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Mais ce n'est pas la première fois que le commissariat de Champigny est ainsi ciblé.

Le commissariat de Champigny a été sécurisé par mon prédécesseur, il y a deux ans : création d'un rideau de fer, double vitrage… Par ailleurs, l'an passé, le quartier du Bois l'Abbé a été désigné comme quartier de reconquête républicaine (QRR), ce qui a conduit au déploiement d'effectifs de police supplémentaires. Mais je regrette que cette ville ne soit pas équipée de caméras de vidéos de protection.

Cela aurait-il changé quelque chose, les assaillants semblent avoir dissimulé leur visage ?

Les caméras contribuent à la lutte contre le trafic de stupéfiants. Elles permettent de diminuer les agressions contre les personnes, et de relever les plaques d'immatriculation en cas d'éventuels repérages. Elles donnent des éléments à la justice pour mieux condamner. Ce n'est pas parce que les délinquants sont cagoulés qu'ils ne peuvent pas être identifiés à travers des vêtements, des marques de basket… l'Etat est là pour aider l'installation de caméras. C'est ce que souhaite le nouveau maire de la ville de Champigny-sur-Marne. Je ne peux que l'encourager à le faire.

Que répondez-vous aux policiers qui affirment que la police ne fait plus peur ?

La police continue à faire peur sinon on ne l'attaquerait pas ! Elle subit des attaques à la hauteur du trafic contre lequel elle lutte. La police dérange car elle effectue des interpellations de trafiquants, saisit de la marchandise et des sommes importantes d'argent – deux grosses opérations ont été menées dans la banlieue lyonnaise et parisienne ces derniers jours avec à chaque fois des saisies de plusieurs centaines de kg de drogue.

Et ce sentiment d'impunité que dénoncent les policiers ?

De façon générale, le délinquant finit toujours par être confondu et interpellé. Il appartient ensuite à la justice de faire son travail. Je souhaite que lorsque l'on s'en prend à des forces de l'ordre, des pompiers, des élus, la réponse pénale soit la plus sévère possible. Et je sais que ce sentiment est partagé par le garde des Sceaux.

Lors de l'attaque du commissariat de Champigny, on a assisté à de nombreux tirs de feux d'artifice. Où en est votre projet de loi relatif à leur interdiction à la vente ?

Nous y travaillons. Le ministère rencontrera dans les prochains jours les professionnels du secteur car les feux d'artifice ne doivent pas être vendus au tout-venant. Dans la proposition de loi relative au continuum de sécurité qui doit être présentée le 17 novembre prochain devant l'Assemblée Nationale par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot, je proposerai un amendement pour interdire la vente de ces feux d'artifice au public, y compris sur Internet. Je souhaite qu'ils soient considérés comme des armes par destination dont la vente et l'utilisation doivent être pénalisées comme telles.

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