14 étrangers «radicalisés» expulsés de France depuis fin septembre, selon Darmanin

Invité de RTL ce vendredi matin, au lendemain de l’attaque survenue à Nice, le ministre de l’Intérieur a rappelé le haut niveau de menace terroriste en France.

 Gérald Darmanin à l’Assemblée nationale, le 27 octobre.
Gérald Darmanin à l’Assemblée nationale, le 27 octobre. AFP/Alain JOCARD

« Nous sommes en guerre ». Au lendemain de l'attaque survenue dans la basilique Notre-Dame à Nice, le ministre de l'Intérieur, a désigné à l'antenne de RTL « l'ennemi intérieur et extérieur » de la France, « l'idéologie islamiste ». Il annonce l'expulsion de plusieurs étrangers radicalisés.

Interrogé sur le niveau de la menace terroriste en France, Gérald Darmanin a rappelé que trois attentats (l'attaque devant les anciens locaux de Charlie, l'assassinat de Samuel Paty, et l'attentat de la basilique de Nice, NDLR ) avaient récemment frappé le sol français, la première fois depuis 2015. « Il y a une menace très endogène, avec des gens capables de prendre une voiture et de semer la terreur dans les rues de Nice ou Paris », a souligné le ministre de l'Intérieur.

Également responsables de ce niveau de menace selon le ministre, « les appels à la haine extrêmement forts de dirigeants de pays étrangers », et notamment ceux « scandaleux du président Erdogan », a tancé Gérald Darmanin.

« Je n'en veux pas au gouvernement italien »

L'exécutif a annoncé jeudi le renforcement du plan de sécurité Vigipirate, le nombre de soldats patrouillant dans les rues passera de 3 000 à 7 000. Les lieux de culte vont faire l'objet d'une surveillance particulière. « Il y aura 4 000 militaires supplémentaires à partir de ce week-end pour protéger les lieux de cultes », a annoncé Gérald Darmanin.

Le ministre est ensuite longuement revenu sur le parcours de l'assaillant, encore au cœur des investigations. « Il est depuis quelques heures, jours sur notre territoire, il n'a pas fait de demande de carte de résident à ma connaissance, il est arrivé il y a un mois à peine sur le sol européen. […] Je n'en veux pas au gouvernement italien, puisque c'est quelqu'un qui a été repéré sur le sol italien », a rappelé le Gérald Darmanin, soulignant que l'homme n'était pas connu des services français.

« Nous devons être très durs contre les étrangers radicalisés c'est pour ça que nous les expulsons », a justifié Gérald Darmanin. Depuis un mois, « 14 expulsions » d'étrangers radicalisés, selon le ministre. 18 expulsions supplémentaires sont prévues dans les prochains jours, rapporte la radio RTL.

Ces 14 personnes expulsées depuis « fin septembre » étaient inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Quatre d'entre elles étaient de nationalité tunisienne, les autres étaient Russe, Algérien, Irakien, Géorgien, Bangladais ou encore Marocain, a selon l'entourage du ministre.

Mi-octobre, le ministre de l'Intérieur avait affirmé que la France comptait sur son territoire 231 étrangers en situation irrégulière suivis pour radicalisation "qu'il nous faut expulser". Parmi eux, 180 étaient incarcérés. A cette date, 851 immigrés clandestins étaient inscrits au FSPRT

1 485 signalements sur Pharos après la mort de Samuel Paty

Gérald Darmanin a souligné par ailleurs que sur « les trente derniers terroristes qui ont assassiné, torturé, assassiné sur notre sol, 22 sont Français ».

« Ce n'est pas juste un problème d'étrangers qui viennent d'arriver sur notre sol, radicalisés », a martelé le ministre, prenant à l'appui de récentes interpellations a près l'assassinat de Samuel Paty. 1 485 signalements ont été faits sur la plateforme Pharos dédiée aux contenus illicites diffusés sur le web, notamment en raison de messages « ignobles, qui concernent le professeur, disant grosso modo que c'est bien fait ce qu'il lui arrive », a révélé Gérald Darmanin. « Il y a eu des dizaines d'interpellations suite à ces signalements. On constate que la majorité de ces interpellations ce sont de jeunes français, qui ont entre 12 à 14 ans. Cela veut dire que le mal est très profond », a assuré Gérald Darmanin.