Attaque au marteau devant Notre-Dame en 2017 : Farid Ikken condamné à 28 ans de prison

Le 16 juin 2017, cet Algérien de 43 ans, avait bondi sur trois policiers, frappant l’un d’eux avec un marteau. « C’est pour la Syrie ! », avait-il crié.

 Sur le parvis de Notre-Dame en 2017 (Illustration). Farid Ikken a déclaré à la cour éprouver la « satisfaction du devoir accompli »
Sur le parvis de Notre-Dame en 2017 (Illustration). Farid Ikken a déclaré à la cour éprouver la « satisfaction du devoir accompli » LP/PHILIPPE DE POULPIQUET

Mardi, devant la cour stupéfaite, il n'avait exprimé ni excuses, ni regrets, ajoutant avoir toujours la « satisfaction du devoir accompli ». Farid Ikken, un Algérien de 43 ans, jugé pour l'attaque d'un policier au marteau devant Notre-Dame en juin 2017, a été condamné ce mercredi à vingt-huit ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris.

Dans ses réquisitions, l'avocate générale, qui avait requis de 25 à 28 ans de prison, a qualifié l'ancien étudiant doctorant d'« extrémiste total » et de « fanatique de l'Etat islamique ».

L'ancien étudiant algérien de 43 ans, dont la peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a également été condamné à une interdiction définitive du territoire français.

« C'est l'heure de la vengeance, c'est l'heure du djihad »

Le 6 juin 2017, sur le parvis de Notre-Dame, l'assaillant avait bondi sur trois policiers, frappant l'un d'eux avec un marteau en criant « C'est pour la Syrie ! » Le policier, légèrement blessé à la tête, et un de ses collègues avaient ouvert le feu et blessé Farid Ikken au thorax, avant de l'arrêter.

Dans son sac et à son domicile, les policiers ont retrouvé du matériel de propagande jihadiste et une vidéo où il prêtait allégeance au groupe Etat islamique (EI) et annonçait : « C'est l'heure de la vengeance, c'est l'heure du djihad ».

Si l'accusé a rapidement reconnu les faits, il nie en revanche avoir voulu tuer les policiers. Farid Ikken a affirmé avoir voulu les blesser dans un « acte de résistance politique » destiné à « attirer l'attention de l'opinion publique française sur le massacre de (ses) petits frères et soeurs à Mossoul (Irak) et en Syrie par l'armée française » par ses bombardements contre le groupe Etat Islamique au sein de la coalition occidentale.

Les images de l'attaque du policier à Notre-Dame-de-Paris

L'avocate générale a estimé que l'intention homicide ne faisait aucun doute au vu « du violent coup de marteau donné sur la tête et par l'arrière », estimant que si le policier visé n'avait été que légèrement blessé, « c'était uniquement parce que sa collègue avait crié et qu'il avait replié la tête par réflexe ». « Ce n'est pas de la violence symbolique, c'est un acte brutal et barbare », a-t-elle estimé.

La veille, Farid Ikken avait déclaré à la cour éprouver la « satisfaction du devoir accompli », n'exprimant ni excuses, ni regrets à propos de l'attaque.

Il n'avait pas non plus condamné les attentats perpétrés par Mohammed Merah en 2012, et Amédy Coulibaly et les frères Kouachi en 2015, estimant que ces « moudjahidines (NDLR : combattants) martyrs » avaient agi « en représailles » des attaques occidentales « contre les musulmans » en Irak et en Syrie.