Attaque à Paris : six gardes à vue en cours, une vidéo à l'étude

L’auteur de l’attaque de vendredi est toujours interrogé par les enquêteurs. Il pensait viser Charlie Hebdo et a blessé grièvement deux personnes.

 Une garde à vue a été levée ce samedi en fin d’après-midi, celle d’un « ancien colocataire », à Cergy (Val-d'Oise), du principal suspect de l’attaque au hachoir, se présentant comme Ali Hassan.
Une garde à vue a été levée ce samedi en fin d’après-midi, celle d’un « ancien colocataire », à Cergy (Val-d'Oise), du principal suspect de l’attaque au hachoir, se présentant comme Ali Hassan. LP/Lemaire Paul

Les interrogatoires se poursuivent. Deux jours après l'attaque de vendredi à Paris, en fin de journée dimanche, six gardes à vue étaient encore en cours : l'homme se présentant comme Hassan A., trois anciens colocataires de son appartement de Pantin, son petit frère et une connaissance.

L'enquête continue donc pour comprendre les motivations du suspect et les éventuels soutiens de cet homme se présentant comme Ali Hassan et qui a frappé au hachoir deux personnes rue Nicolas-Appert (Paris XIe) en pensant viser Charlie Hebdo.

Une garde à vue a été levée samedi en fin d'après-midi, celle d'un « ancien colocataire », à Cergy (Val-d'Oise), du principal suspect, âgé de 18 ans et né au Pakistan. La garde à vue du principal suspect a, elle, été prolongée de 48 heures.

Trois colocataires de son appartement de Pantin, sont toujours entendus, tout comme son petit frère et une connaissance dont les gardes à vue ont également été prolongées de 24 heures.

Méprise sur « Youssef », un « héros » un temps suspecté

Dès vendredi soir, un homme initialement considéré comme suspect et placé en garde à vue, « Youssef », un Algérien de 33 ans, avait été relâché. L'homme, un « héros » selon son avocate, avait en réalité tenter d'arrêter l'attaquant au couteau, ce que l'enquête a corroboré. « Je voulais être un héros, je me suis retrouvé derrière les barreaux », a déclaré le jeune homme de 33 ans auprès du Monde et de TF1.

Selon nos informations, Ali Hassan a expliqué aux enquêteurs avoir ressenti de « la colère » il y a quelques jours après avoir vu sur YouTube une vidéo montrant la republication des caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo. Il pensait que les locaux visés étaient toujours ceux de l'hebdomadaire satirique et s'être attaqué à des journalistes de sa rédaction.

« Je vais les condamner »

Les enquêteurs s'intéressent ainsi à une vidéo en cours d'authentification, un élément révélé samedi par l'hebdomadaire Le Point. « On le voit en train de pleurer, de chanter, il assume son geste par anticipation (...), c'est une sorte de manifeste, il annonce son passage à l'acte, mais ce n'est pas une allégeance à une organisation », selon une source.

Dans le week-end, une vidéo de deux minutes circulait sur les réseaux sociaux, semblant correspondre à cette description : un homme s'y présente comme « Zaheer Hassan Mehmood » et se déclare « ému » par « des caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites ».

« Aujourd'hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner », ajoute-t-il, revendiquant avoir pour « guide » le mollah Ilyas Qadri, chef de file de Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d'inspiration soufie, basé au Pakistan.