Apologie du nazisme : une dentiste licenciée pour ses tatouages

Ce sont les antifas de Lyon qui ont dénoncé la jeune femme, affichant son nom et ses tatouages dans la ville.

 La jeune femme exerçait depuis plus d’un an dans ce cabinet. La direction affirme n’avoir pas eu connaissance de la signification de ses tatouages avant mardi.
La jeune femme exerçait depuis plus d’un an dans ce cabinet. La direction affirme n’avoir pas eu connaissance de la signification de ses tatouages avant mardi. LP/Arnaud Dumontier

« La dentiste de votre quartier est une nazie. » C'est avec cette phrase, placardée dans la commune de Sathonay-Camp (Rhône), que des militants antifascistes lyonnais ont attiré l'attention sur une jeune femme qui, selon eux, fait la propagande du IIIe Reich.

« Une dentiste de la région lyonnaise assume en toute décontraction ses tatouages nazis sur les réseaux sociaux », a dénoncé le groupe des Antifas sur Facebook lundi soir. « Elle ne se cache pas de ses idées nauséabondes et revendique fièrement toute une esthétique nazie notamment par ses tenues suprémacistes blanches », écrivent les militants, en pointant du doigt la marque de vêtements qu'elle porte, une marque ouvertement nationaliste.

Une bouteille de Zyklon B, le poison des chambres à gaz

Après cette dénonciation sur les réseaux sociaux, ils ont affiché son nom, son lieu de travail, et les photos de ses tatouages sur la vitrine du cabinet et dans les boîtes aux lettres du voisinage.

Si ces tatouages sont bien les siens, la dentiste arbore sur la nuque une « Totenkopf » (tête de mort en allemand), insigne de la 3e division SS qui a sévi notamment dans les camps de concentration, le chiffre « 88 », qui représente le salut « Heil Hitler ». Et sur un bras elle aurait une grande bouteille de « Zyklon B », le poison mortel utilisé dans les chambres à gaz, emblématique de la barbarie nazie.

La jeune femme a porté plainte pour diffamation. Elle a fermé au public son compte Instagram. De même, la page Doctolib qui permettait de prendre rendez-vous en ligne a été supprimée.

Une enquête ouverte

Le groupe Labelia, propriétaire du cabinet où elle travaillait depuis plus d'un an, l'a convoquée « pour comprendre précisément le contexte dans lequel ses tatouages ont été réalisés et la signification qu'elle leur attribue ». Face à ses explications, le groupe a décidé de la licencier « avec effet immédiat ». Labelia, qui possède trois cabinets dans le département, a aussi porté plainte « pour identifier les auteurs de cette campagne de dénigrement », selon leur communiqué.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour les chefs « d'atteinte à la vie privée en vue de troubler la tranquillité d'autrui » et « provocation à la haine raciale », visant lui aussi les deux extrêmes de la polémique.

La praticienne est par ailleurs convoquée jeudi devant le Conseil de l'Ordre des chirurgiens-dentistes du Rhône.