Agressions en intervention : plus de 200 pompiers manifestent à Lyon

Les pompiers français dénoncent depuis plusieurs années la hausse des agressions à leur encontre sur le terrain.

 Illustration. Les pompiers de Lyon constatent une flambée d’actes violents à leur égard.
Illustration. Les pompiers de Lyon constatent une flambée d’actes violents à leur égard.  LP/Olivier Boitet

Des jets de boules de pétanque ce week-end, une agression à la hache lundi… Face aux récentes attaques dont ont été victimes des pompiers du Rhône, un rassemblement s'est tenu mercredi devant la préfecture.

Quelque 250 personnes étaient présentes. « Il y a une dizaine d'années, on prenait des œufs et des canettes, des choses qui étaient déjà condamnables, inexcusables, mais aujourd'hui la violence a tellement augmenté qu'on cherche vraiment à faire mal », a déclaré devant la presse l'adjudant Christophe Sarzier. Ce sentiment d'insécurité permanente revient régulièrement au sein de la corporation.

Cette manifestation « asyndicale » des pompiers rhodaniens survient après que des pompiers eurent essuyé ce week-end des jets de cailloux et de boules de pétanque par des individus cagoulés qui venaient de tenter d'incendier une église à Rilleux-La-Pape, près de Lyon. Le lendemain, un sapeur-pompier de Lyon avait été agressé à la hache en voulant maîtriser un homme ivre dans un bar situé en face de sa caserne du VIIe arrondissement. Ce dernier affirme que le pompier s'est blessé tout seul. Les jours du pompier ne sont pas en danger, Le Progrès évoquant « une plaie de 10 cm de long ».

Favorables à « des peines exemplaires »

« On ne peut plus intervenir dans de telles conditions. Les effectifs de police ne sont pas assez nombreux (pour nous protéger) même s'ils font de leur mieux. Mais il faut surtout aujourd'hui des peines exemplaires », a-t-il souligné, dénonçant les rappels à la loi ou les peines de Travaux d'intérêt général (TIG) trop souvent infligés selon lui par la justice pour les auteurs de telles violences.

Après un rendez-vous peu après 14 heures devant le Centre d'intervention de Lyon Corneille, dans le IIIe arrondissement, les sapeurs-pompiers se sont rendus dans le silence devant la préfecture où ils ont déposé leurs casques en signe de protestation.

Dans le cortège, accompagné par plusieurs élus locaux, des pancartes et des autocollants indiquant « Stop au laxisme ! », « Sauvons nos sauveurs » ou encore « Pompier : pas une cible » traduisaient le malaise et les revendications des pompiers. Une délégation a été reçue par le préfet.