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Agression d’Augustin à Lyon : les enquêteurs tentent de reconstituer la scène

Un appel à témoins a été lancé et la vidéosurveillance est en cours d’exploitation alors que les versions de l’agression divergent. Le jeune homme blessé vendredi soir a été opéré ce lundi.

 Place Bellecour à Lyon, devant le Monoprix : c’est là qu’Augustin a été agressé vendredi soir.
Place Bellecour à Lyon, devant le Monoprix : c’est là qu’Augustin a été agressé vendredi soir. LP/Catherine Lagrange

Depuis deux jours, « l'affaire Augustin » enflamme les réseaux sociaux. Augustin, du nom de cet adolescent de 17 ans agressé vendredi soir place Bellecour à Lyon (Rhône). Souffrant d'une fracture de la mâchoire, il a été opéré lundi et devrait être fixé ce mercredi sur son ITT.

Que s'est-il passé vendredi soir devant le Monoprix ? Après avoir porté plainte dimanche avec son père auprès de la brigade de gendarmerie de Fontaine-sur-Saône, Grégoire, le frère aîné d'Augustin a révélé l'affaire. Il a posté lundi sur Facebook sa version des faits. « À 23 heures, un groupe de 5 racailles colorées ont commencé à agresser des filles à l'arrêt du bus Bellecour Le Viste. Voyant cela, mon petit frère a pris leur défense en retenant ces individus le temps qu'elles rentrent à l'abri dans le Monoprix. À 5 contre lui avec tout l'honneur d'un homme, ils l'ont fracassé gratuitement sans que personne n'intervienne, ni pour les filles, ni pour lui… » Un récit qui reprend le vocabulaire de l'extrême droite qui a d'ailleurs rapidement relayé l'affaire. Et qui semble en partie contredit par le témoignage des jeunes filles «harcelées ».

Agnès Marion, chef de file du RN à Lyon, suivi par Andréa Kotarac, son homologue à la Métropole de Lyon, puis Charles Perrot, à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, se sont emparés du fait divers. Le groupuscule d'extrême droite Génération Identitaire a lui aussi apporté son soutien à Augustin, dénonçant « la racaille issue de l'immigration qui continue à faire régner l'insécurité dans le centre-ville de Lyon ». Un groupe Facebook « Justice pour Augustin » a également été créé, recueillant des milliers de soutiens, souvent accompagnés d'insultes et de commentaires racistes et vengeurs.

Les jeunes filles expliquent ne pas avoir été « agressées »

Après un appel à témoins lancé par la sûreté départementale et le parquet de Lyon, les enquêteurs ont pu entendre ce mardi les deux jeunes filles prises à partie vendredi soir. Elles ont expliqué ne pas avoir été « agressées », mais simplement « abordées » par un groupe de jeunes au moment où elles sortaient du Monoprix, avant qu'Augustin ne s'interpose et prenne un violent coup de poing dans la figure. « Des garçons nous ont demandé nos snaps, on a dit non, et ils ont insisté, sans être vulgaires ni méchants, ils étaient juste lourds », explique l'une d'elles au Parisien.

« Augustin est venu avec un de ses copains, a dit qu'on était pas très réceptives à leurs avances et que ça servait à rien de nous embêter. Les garçons se sont énervés, la tension est montée des deux côtés. […] Il est allé parler avec un autre garçon, et c'est là qu'un autre est arrivé par-derrière en lui donnant un coup de poing. Il l'a reçu à la mâchoire, c'est là qu'il a perdu une dent. Ça l'a assommé pendant deux secondes, mais il s'est relevé tout de suite », développe l'adolescente. La vidéosurveillance est également en cours d'exploitation.

La mairie de Lyon préoccupé de la montée des tensions racistes

La polémique autour de l'affaire s'est également focalisée autour du nouveau maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, sommé de prendre parti. A la mairie de Lyon, on est préoccupé de la montée des tensions racistes dans la ville. « En août, nous avons eu deux incendies de mosquée, des tags antisémites, le maire de Givors insulté, et actuellement ce déchaînement autour de l'affaire Augustin », s'inquiète un élu de la majorité lyonnaise. L'adjoint à la sécurité, Mohamed Chihi, s'est contenté mardi soir d'un tweet laconique : « Vendredi soir un jeune homme a été hospitalisé après avoir été agressé près de la place Bellecour. Un appel à témoins a été lancé, merci d'apporter votre aide si vous le pouvez », écrit-il en relayant l'appel à témoin lancé par la police nationale.