Affaire Sophie Le Tan : reconstitution dans l’ancien studio de Jean-Marc Reiser

Une reconstitution est organisée ce mardi dans l’ancien studio de Jean-Marc Reiser, à Schiltigheim, près d’un mois après qu’il a avoué avoir tué Sophie Le Tan en septembre 2018.

Jean-Marc Reiser, 60 ans, a fini par reconnaître en janvier son « implication exclusive » dans la disparition de l’étudiante.
Jean-Marc Reiser, 60 ans, a fini par reconnaître en janvier son « implication exclusive » dans la disparition de l’étudiante. DR

Une reconstitution est organisée, ce mardi, dans l’ancien appartement de Jean-Marc Reiser à Schiltigheim (Bas-Rhin), près d’un mois après ses aveux dans l’affaire Sophie Le Tan, une jeune étudiante strasbourgeoise tuée en 2018, a appris l’AFP auprès des avocats. Le meurtrier présumé a été extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Strasbourg pour y assister.

« Le magistrat instructeur aimerait vérifier si les déclarations de M. Reiser sont compatibles avec les constatations que pourront faire le médecin légiste et le morpho-analyste », a précisé Me Francis Metzger, l’avocat de Jean-Marc Reiser, confirmant une information des Dernières Nouvelles d’Alsace. C’est dans ce studio, situé au sixième étage, que Sophie Le Tan aurait été tuée, le 7 septembre 2018, rappelle le quotidien régional.

« Nous, on a hâte que le procès ait lieu pour que la famille puisse commencer son travail de deuil », a déclaré, de son côté, Gérard Welzer, l’avocat de la famille Le Tan. Mais cette reconstitution « ne changera rien », a-t-il estimé, face à l’ensemble des preuves déjà recueillies au cours de l’enquête.

La préméditation en question

Après avoir nié toute implication pendant des mois, Jean-Marc Reiser, 60 ans, mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat, avait avoué le 19 janvier dernier, lors d’une audition devant la juge d’instruction, son « implication exclusive » dans la disparition de l’étudiante.

Il avait décrit une « entreprise de séduction » qui a « mal tourné », selon les propos de son avocat, Me Pierre Giuriato. Alors que la jeune femme de 20 ans avait « repoussé » ses avances, il était « entré dans une phase de frustration, de colère, de rage », qui s’était « matérialisée par des coups violents ». Pour l’avocat, les aveux de son client s’inscrivent dans des « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », des faits moins sévèrement réprimés pénalement qu’un assassinat, qui implique la préméditation.

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Jean-Marc Reiser avait été arrêté en septembre 2018, quelques jours après la disparition de Sophie Le Tan, le jour de son vingtième anniversaire. La jeune femme n’avait plus donné signe de vie après s’être rendue à Schiltigheim, au nord de Strasbourg, pour visiter un appartement dont il avait posté une annonce en ligne. Il est rapidement devenu l’unique suspect dans cette affaire.

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Le squelette incomplet de la jeune femme avait été découvert fin octobre 2019, dans une forêt vosgienne où Jean-Marc Reiser se rendait régulièrement.

Malgré les dénégations du sexagénaire, plusieurs éléments de preuves semblaient établir son implication, notamment la présence du sang de Sophie Le Tan dans son appartement ainsi que sur le manche d’une scie lui appartenant. Son téléphone avait également borné peu après le 7 septembre, dans le secteur où les ossements de l’étudiante ont été retrouvés.