Affaire Narumi : Nicolas Zepeda, le suspect chilien, à nouveau interrogé par une juge

Le jeune homme de 29 ans a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire en juillet après avoir été extradé par le Chili.

 Le suspect chilien Nicolas Zepeda, ici le 24 juillet dernier, quittant le tribunal de Besançon.
Le suspect chilien Nicolas Zepeda, ici le 24 juillet dernier, quittant le tribunal de Besançon.  AFP/Sébastien Bozon

C'est la seconde fois qu'il est interrogé. Nicolas Zepeda, le Chilien soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon, est arrivé mercredi vers 9h45 au tribunal judiciaire de la cité bisontine pour être à nouveau entendu par une juge d'instruction, a constaté l'AFP.

Le jeune homme de 29 ans, mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire en juillet après avoir été extradé par le Chili, doit être interrogé sur le fond du dossier, a indiqué une source judiciaire. « Il pourra garder le silence ou répondre aux questions qu'on lui pose », a-t-on précisé. L'audience pourrait durer toute la journée.

« Je n'ai jamais commis de violence »

Entendu une première fois par la juge Marjolaine Poinsard le 25 juillet, à son arrivée sur le sol français, Nicolas Zepeda avait à nouveau clamé son innocence. « Je n'ai jamais commis de violence », avait-il ensuite déclaré en espagnol lors de l'audience devant la juge des libertés et de la détention, qui s'était conclue par son incarcération.

Lors de cette audience, son avocate, Me Jacqueline Laffont, avait annoncé que Nicolas Zepeda répondrait « en temps voulu » aux éléments recueillis par les enquêteurs. « M. Zepeda est très humble. Il va peut-être enfin pouvoir répondre à certains indices de ce dossier », avait-elle poursuivi, notant qu'il restait « présumé innocent ».

Selon Me Laffont, ce jeune homme qui n'a « jamais eu le moindre problème avec la justice et jamais eu de problème de violence » est prêt à « s'expliquer ». La famille de Narumi Kurosaki espère pour sa part que le suspect révèle où se trouve la dépouille de leur fille.

Des éléments « accablants »

Selon le procureur de Besançon Etienne Manteaux, les éléments recueillis par les enquêteurs de la police judiciaire sont « accablants » pour M. Zepeda.

Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés en 2014 au Japon, où il étudiait. Nicolas Zepeda était tombé amoureux de l'étudiante. Mais peu avant la disparition de Narumi, ils avaient pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien.

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Le soir du 4 décembre 2016, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi sur le campus universitaire de Besançon. Cette nuit-là, plusieurs étudiants ont entendu « des hurlements de terreur, des cris ».

Zepeda, dans un courrier envoyé aux autorités chiliennes, avait raconté être allé voir Narumi à Besançon début décembre 2016. Il disait avoir passé une partie de la nuit du 4 au 5 décembre avec elle, mais affirmait être ensuite reparti seul.