Affaire Mila : cinq personnes en garde à vue pour menaces de mort

Cinq personnes âgées de 18 à 29 ans ont été interpellées dans différentes régions de France et placées en garde à vue ce mardi pour « cyberharcèlement » et « menaces de mort ».

 Ces menaces ont suivi la publication en novembre par la lycéenne d’une nouvelle vidéo polémique sur l’islam.
Ces menaces ont suivi la publication en novembre par la lycéenne d’une nouvelle vidéo polémique sur l’islam. Instagram

Cinq personnes ont été placées en garde à vue mardi dans l'enquête sur les menaces de mort proférées à l'encontre de l'adolescente iséroise Mila, a annoncé le parquet de Paris. Ces menaces ont suivi la publication en novembre par la lycéenne d'une nouvelle vidéo polémique sur l'islam.

Ces cinq personnes, âgées de 18 à 29 ans, ont été interpellées dans différentes régions de France et placées en garde à vue pour « cyberharcèlement » et « menaces de mort » dans le cadre des investigations menées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, récemment créé au sein du parquet de Paris.

Trois mises en examen en janvier

Cette jeune adolescente avait défrayé la chronique en janvier dernier pour des propos peu amènes sur l'Islam qui lui avaient valu un déferlement de menaces l'empêchant alors d'être scolarisée. La lycéenne s'était également retrouvée sous protection policière.

Le parquet de Vienne, qui avait ouvert une enquête pour « provocation à la haine à l'égard d'un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée », l'avait ensuite classée sans suite, mais les enquêteurs avaient poursuivi leurs investigations pour trouver les auteurs des menaces de mort exprimées à l'encontre de la jeune fille qui a porté plainte. Trois mises en examen ont notamment eu lieu pour « menaces de mort » et « harcèlement ».

Nouvel épisode en novembre dernier, lorsque Mila s'est une fois encore retrouvée visée par des appels au meurtre après une autre vidéo polémique sur l'Islam qu'elle a postée sur le réseau social TikTok. Elle s'en prenait à ses détracteurs en déclarant : « Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j'les ai toujours pas sortis. »

Une enquête gérée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne

Les arrestations annoncées ce mardi sont liées à cette seconde vague de cyberharcèlement. « Dites-vous que j'ai dû recevoir des menaces faisant allusion à Samuel Pathy (sic) un bon millier de fois » avait notamment souligné Mila sur son compte Twitter. Avant de déplorer le lendemain : « Le lynchage que je vis est hard. Je reçois une trentaine de menaces et messages haineux à la minute. »

En réaction, la Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, avait dans la foulée annoncé avoir effectué un signalement auprès du parquet. En effet, la procureure de la République de Vienne avait rapidement relaté avoir ouvert une enquête pour ces menaces de mort caractérisées. Le parquet s'était dessaisi début décembre au profit du pôle national de lutte contre la haine en ligne, afin de permettre la centralisation des investigations à mener dans différentes régions de France.

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C'est la division de lutte contre les crimes de haine de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre et les crimes de haine (OCLCH), saisie par le parquet, qui a procédé aux interpellations.