Affaire Griveaux : l’interpellation de Pavlenski et Taddeo validée par la cour d’appel de Paris

En janvier dernier, les avocats de l’artiste russe et de sa compagne avaient demandé la nullité d’actes d’enquêtes liés à leur arrestation, qu’ils estimaient irrégulière.

Piotr Pavlenski lors d’une interview au Parisien, le 21 février 2020.
Piotr Pavlenski lors d’une interview au Parisien, le 21 février 2020. LP/Guillaume Georges

L’arrestation médiatisée, en février 2020, de Piotr Pavlenski et de sa compagne Alexandra de Taddeo, mis en cause dans l’affaire Griveaux, était-elle irrégulière ? Non, a estimé la cour d’appel de Paris, qui a validé la procédure ce mardi.

Le 26 janvier dernier, les avocats de l’artiste russe et de sa compagne juriste avaient demandé la nullité d’actes d’enquêtes liés à leur interpellation, qu’ils estimaient irrégulière. La cour d’appel, suivant les réquisitions du parquet général, a rejeté l’ensemble de ces requêtes en nullité. « Cette décision prouve que l’agitation médiatique ne vaut pas raisonnement juridique. L’instruction va pouvoir se poursuivre afin d’identifier tous les auteurs du délit et des agissements nauséabonds dont Benjamin Griveaux a été la victime », ont réagi les avocats de l’ex-porte-parole du gouvernement, Me Richard Malka et Me Lorraine Gay.

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Le couple avait été interpellé le 15 février 2020 dans l’ouest de Paris, devant l’objectif d’un photographe de l’agence Bestimage, dirigée par Michèle Marchand, une proche du couple Macron. La publication par Paris Match des photos de l’arrestation avait conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire distincte le 28 février. L’enquête a été confiée à un juge qui a mis en examen deux policiers le 10 septembre pour « violation du secret professionnel » et l’un des deux, soupçonné d’avoir falsifié un procès-verbal, également pour « faux en écriture publique ».

« Le droit n’a pas été respecté »

Cette arrestation avait été ordonnée dans le cadre d’une affaire de violences lors du réveillon, mais s’était produite le jour où Benjamin Griveaux avait porté plainte pour la retentissante diffusion de vidéos à caractère sexuel qui l’avait conduit à se retirer de la bataille des municipales. Piotr Pavlenski avait revendiqué cette publication.

La décision de la cour d’appel de Paris « n’est malheureusement pas une surprise dans ce dossier », a réagi Me Noemie Saidi-Cottier, l’avocate d’Alexandra de Taddeo. « Alors que des policiers ont été mis en examen pour la manière dont ils ont mené cette procédure et en dépit d’entorses manifestes au secret professionnel, la chambre de l’instruction n’y trouve rien à redire et considère que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes judiciaires. Je ne partage pas cette position. Le droit n’a pas été respecté », a-t-elle regretté.