Affaire Elodie Kulik : la remise en liberté de Willy Bardon acceptée

Condamné le 6 décembre 2019 à trente ans pour le meurtre de la jeune banquière dans la Somme en 2002, Bardon a toujours clamé son innocence. Il assistera libre à son procès en appel.

 Willy Bardon (ici en 2002) avait été reconnu coupable de viol, enlèvement et séquestration suivis de mort, mais acquitté du meurtre.
Willy Bardon (ici en 2002) avait été reconnu coupable de viol, enlèvement et séquestration suivis de mort, mais acquitté du meurtre. Journaldu4X4.com

Willy Bardon va pouvoir attendre son procès en appel libre. Condamné le 6 décembre 2019 à trente ans dans l'affaire Élodie Kulik, l'homme, qui a toujours crié son innocence, avait immédiatement fait appel du verdict de la cour d'assises de la Somme. Ses dénégations, et l'audience de deux semaines qui avait mis en lumière les défauts de l'enquête, conclue sans aucune preuve matérielle, n'avaient pas suffi à convaincre les jurés. Plusieurs témoins avaient en effet identifié sa voix en fond sonore sur l'enregistrement de l'appel désespéré aux pompiers de la jeune banquière, quelques minutes avant sa mort, une nuit de janvier 2002…

Mis en cause pour ses liens avec Grégory Wiart – identifié dix ans après par son ADN, mais mort entre-temps – Willy Bardon avait été reconnu coupable de viol, enlèvement et séquestration suivis de mort, mais acquitté du meurtre.

À l'énoncé du verdict – il comparaissait libre –, il avait tenté de se suicider en absorbant un puissant pesticide qu'il avait préparé et dissimulé. Hospitalisé quelques jours, il avait ensuite été incarcéré, mais la justice avait refusé de le libérer. En juillet dernier, ses avocats avaient formulé une nouvelle demande auprès de la chambre de l'instruction, acceptée aujourd'hui. Willy Bardon devrait être élargi de la maison d'arrêt d'Amiens (Somme) ce vendredi.

«Il n'y a pas de sous-présomption d'innocence»

« C'est une décision courageuse, car c'est une affaire médiatique, mais elle n'est que l'expression du droit : il n'y a plus de critère pour maintenir Willy Bardon en détention », ont réagi Mes Gabriel Duménil et Marc Bailly, deux de ses avocats. Rappelant qu'avant le procès de décembre dernier, il avait toujours suivi strictement son contrôle judiciaire. « Il n'y a pas de sous-présomption d'innocence, il était présumé innocent avant le procès, il l'est toujours, renchérissent-ils. Cela va nous permettre de le défendre efficacement, avec le soutien de ses proches. »

L'audience en appel, délocalisée à la demande de la défense en raison de l'énorme émotion suscitée par l'affaire dans la région, a été programmée à Douai (Nord). Un choix que les avocats de Willy Bardon contestent, en raison de la proximité des lieux.