Affaire Duhamel : Frédéric Mion démissionne de son poste de directeur de Science Po Paris

Il avait admis avoir été alerté en 2019 des accusations d’inceste visant Olivier Duhamel, ex-président de l’instance qui chapeautait l’institut d’études politiques parisien.

 Frédéric Mion a présenté sa démission de son poste de directeur de Sciences Po Paris.
Frédéric Mion a présenté sa démission de son poste de directeur de Sciences Po Paris. LP/Céline Carez

Le mois dernier, des étudiants avaient très officiellement appelé à sa démission. C'est désormais chose faite. Frédéric Mion, le directeur de Sciences Po Paris, a présenté ce mardi sa démission, selon une information de BFMTV.

La pression était forte sur le haut fonctionnaire de 51 ans, qui avait fini par concéder avoir été au courant des accusations d'inceste visant Olivier Duhamel, alors en charge de l'institut d'études politiques de l'établissement. Dans une lettre ouverte publiée sur le site de Libération, plus de 500 étudiants, professeurs et salariés de Sciences-po avaient demandé son départ.

Frédéric Mion aurait lui-même alerté Marc Guillaume

Lors de la révélation du contenu de l'ouvrage de Camille Kouchner, la belle fille d'Olivier Duhamel qui accusait ce dernier d'avoir abusé de son frère alors qu'il n'était âgé que de 13 ans, Frédéric Mion avait dans un premier temps exprimé sa stupeur. Il avait fini par admettre auprès du journal Le Monde avoir été mis au courant des accusations d'inceste qui pesaient sur le constitutionnaliste. Il avait ensuite assuré avoir contacté un proche d'Olivier Duhamel, qui lui aurait certifié que les rumeurs étaient sans fondement.

Selon une enquête publiée ce mardi par l'hebdomadaire Marianne, l'ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet d'Île-de-France Marc Guillaume a reconnu qu'il avait été informé à deux reprises de « problèmes sexuels » concernant Duhamel. « Mais pas d'inceste », a-t-il précisé devant les enquêteurs de la mission d'inspection de l'Éducation nationale. Il avait démissionné au lendemain de la sortie de l'affaire Duhamel de ses fonctions occupées à Sciences Po Paris.

Il assure avoir été alerté pour la première fois en 2018 par Frédéric Mion, après un déjeuner avec Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, elle-même informée par deux de ses amies. Jamais, jusqu'à présent, Frédéric Mion n'avait confirmé avoir lui-même alerté Marc Guillaume. Ce dernier a siégé au conseil d'administration de la Fondation nationale des sciences politiques, présidée un temps par Olivier Duhamel avec qui il s'était lié d'amitié.

Au lendemain des révélations publiques des accusations d'inceste portées à l'encontre d'Olivier Duhamel, Marianne assure que Frédérique Mion aurait téléphoné à deux reprises à Aurélie Filippetti. « Il ne faut pas qu'on puisse penser qu'on savait », lui aurait-il dit la première fois. Lors du second coup de fil, il lui aurait demandé « de ne pas confirmer que Marc Guillaume était au courant ».