Accusations d’inceste : le fils adoptif d’Olivier Duhamel entendu par la police

Le jeune homme a été auditionné ce vendredi par les policiers qui enquêtent sur les accusations d’inceste sur un autre fils du politologue. Selon nos informations, il a assuré aux enquêteurs qu’il n’aurait pas été abusé par son père.

 Le fils d’Olivier Duhamel, décrit comme fragile, a indiqué qu’il n’avait pas été abusé par son père adoptif.
Le fils d’Olivier Duhamel, décrit comme fragile, a indiqué qu’il n’avait pas été abusé par son père adoptif. AFP/Ulysse Bellier

L'enquête sur les accusations d'inceste visant Olivier Duhamel se poursuit. Selon nos informations, le fils adoptif du couple que formaient le constitutionnaliste et l'universitaire Évelyne Pisier a été entendu ce vendredi après-midi par les policiers de la brigade de protection des mineurs (BPM). Auditionné pendant deux heures, ce jeune homme décrit comme fragile a indiqué qu'il n'avait pas été abusé par son père adoptif. Sa sœur, également adoptée au Chili, avait déjà été entendue par les policiers le 8 février. Ces auditions tous azimuts dans l'entourage du politologue correspondent à la volonté du parquet qui entend collecter le maximum de témoignages au sujet de ces accusations qui étaient en réalité connues de nombreux proches du couple.

Le 5 janvier dernier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans et viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité visant Olivier Duhamel. Cette décision faisait suite à la parution du livre de Camille Kouchner « La Familia grande » (Seuil) dans lequel la fille d'Évelyne Pisier raconte que son beau-père a abusé de son frère jumeau Victor (le prénom a été modifié) à l'adolescence. De lourdes accusations que le président démissionnaire de la Fondation nationale des sciences politiques, ancien député européen (PS), n'a pas démenties depuis.

Le parquet souhaite «identifier toute autre victime potentielle»

Le 21 janvier, Victor a été entendu par les enquêteurs. Il leur a confirmé les faits dénoncés par sa sœur dans son ouvrage : pendant plus de deux ans, son beau-père s'introduisait dans sa chambre pour lui imposer des sévices sexuels. Dans la foulée, cet homme aujourd'hui âgé de 45 ans qui se refusait jusqu'ici à le faire a porté plainte pour la première fois. « Victor considère que les raisons qui l'avaient poussé à ne pas porter plainte n'existent plus. Depuis la publication du livre de sa sœur, l'histoire est sur la place publique. Il vient fermer la boucle », nous confiait à l'époque un membre de son entourage.

Ces investigations paraissent pour l'heure surtout symboliques. Les faits semblent en effet prescrits. En 2011, une première enquête sur les mêmes faits avait été ouverte par le parquet de Paris. L'existence de ce douloureux secret de famille avait été dévoilée à l'occasion de l'enquête menée après la mort de l'actrice Marie-France Pisier, la sœur d'Évelyne – les gendarmes avaient conclu à un suicide. Entendu à l'époque, Victor n'avait pas souhaité porter plainte. Olivier Duhamel n'avait pas été entendu et l'enquête, sommaire, avait été classée en raison de la prescription.

Judiciairement, l'analyse est la même mais l'atmosphère a changé. Le parquet assume d'ouvrir des enquêtes sur des faits manifestement prescrits, notamment afin d'« identifier toute autre victime potentielle », selon les termes du communiqué publié le 5 janvier.

L'enquête va donc se poursuivre avec de nouvelles auditions. Et notamment celle d'Olivier Duhamel.