Abus de notes de frais : 11 mois de prison ferme pour un député norvégien

Mazyar Keshvari, ex-élu de la droite populiste anti-immigration, avait inventé des voyages pour se faire rembourser des frais imaginaires.

 L’ex-député a été condamné pour avoir détourné 450 000 couronnes (environ 41 500 euros) aux dépens du Parlement (illustration)
L’ex-député a été condamné pour avoir détourné 450 000 couronnes (environ 41 500 euros) aux dépens du Parlement (illustration) Le Parisien archives

Il avait fini par admettre avoir présenté, sur une période de trois ans, 72 notes de frais pour des voyages qui n'avaient en fait pas eu lieu. Ce mercredi, la justice norvégienne a condamné un ex-député à onze mois de prison ferme pour fraude. Selon les estimations, Mazyar Keshvari, issu du parti du Progrès - la droite populiste anti-immigration - aurait ainsi détourné 450 000 couronnes (environ 41 500 euros) aux dépens du Parlement.

Une peine alourdie de quatre mois par la Cour suprême, la plus haute autorité judiciaire du pays nordique, après une précédente condamnation. « En l'occurrence, il est question d'une violation grave de la confiance commise dans la fonction de membre du Storting », le Parlement monocaméral norvégien, a estimé la Cour pour expliquer cet allongement.

Somme remboursée

L'affaire avait été révélée en octobre 2018 par le journal Aftenposten qui avait notamment publié des photos de l'élu prouvant qu'il ne pouvait avoir effectué aux mêmes dates les voyages pour lesquels il réclamait un remboursement de ses frais.

Mazyar Keshvari a présenté des excuses publiques, remboursé la somme indûment obtenue et quitté le FrP.

En France, c'est seulement depuis deux ans que les parlementaires doivent justifier les frais qu'ils engagent dans le cadre de leur mandat. « Il s'agit d'argent public », argumentait à l'époque de cette nouvelle règle Matthieu Orphelin, ex-LREM. Et d'expliquer : « Cela lui prend une journée et demie par mois. Le député transmet ensuite le tout à un expert-comptable, qui vérifie que cela concorde. C'est une discipline, mais c'est exactement ce qu'on fait dans le privé. »