Viols en forêt de Sénart : l’accusé condamné à 20 ans de réclusion

La cour d’assises de l’Essonne a déclaré ce jeudi soir Aïssa Z. coupable de 32 viols et agressions sexuelles commis entre 1995 et 2001. Il a été acquitté pour 2 faits. Le condamné va faire appel.

 Aissa Z., ici lors de son procès ce jeudi, a continué de clamer son innocence dans cette affaire.
Aissa Z., ici lors de son procès ce jeudi, a continué de clamer son innocence dans cette affaire. AFP/Benoit Peyrucq

Les jurés de la cour d'assises de l'Essonne ont délibéré pendant neuf heures. Neuf longues heures à l'issue desquelles ils ont rendu un verdict : Aïssa Z., 45 ans, est coupable de 32 viols et agressions sexuelles commis en forêt de Sénart entre 1995 et 2001. Il est condamné à 20 ans de réclusion criminelle, peine maximale encourue qui avait été requise par l'avocat général mercredi. L'accusé est acquitté pour deux faits pour lesquels les victimes n'ont pas pu venir témoigner.

« Vous avez 10 jours pour faire appel », lui annonce le président Philippe Fusina. Aïssa Z., debout mais sonné se penche vers le micro : « C'est ce que je vais faire parce que je suis innocent ». Me Gabriel Dumenil, l'un de ses deux avocats, réagit : « Malgré les incohérences du dossier et les erreurs, il est condamné. On prend acte de cette décision et nous allons interjeter appel dès demain matin. »

« C'est un aboutissement »

Me François Friquet, avocat d'une victime estime, lui, : « C'est un verdict sans surprise, attendu et mérité. Il a fait preuve de mauvaise foi et d'arrogance durant tout le procès. » Sur le banc des parties civiles, c'est l'agitation. L'une d'elles lâche : « C'est un aboutissement. Grâce à ce procès, on va pouvoir relever la tête. On sort enrichies de ces quatre semaines ». Carmen (le prénom a été modifié), elle, explique : « Je dors mieux ». La cour d'assises a eu des vertus thérapeutiques. Une dizaine de victimes se sont rapprochées durant tout le procès, créant même une boucle WhatsApp nommée le Phoenix… l'oiseau qui renaît de ses cendres.

« Ça nous a permis de nous épauler, confie une autre victime. Nous avons échangé des idées de lecture qui peuvent aider. On retourne la situation pour qu'il y ait du bon dans toute cette histoire. » L'occasion de partager des moments d'audience pour les absentes. Elle ajoute : « Je suis soulagée que le procès se termine. Je suis aussi frustrée, j'aurais aimé qu'il avoue. » Une autre de ces femmes craint tout de même le procès en appel : « Ça va être dur de vivre tout ça une deuxième fois. C'est comme si ça ne finissait jamais. »

« Une erreur phénoménale »

Peu avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, Aïssa Z. a pris le temps de peser ses derniers mots en marquant des silences qui ont enveloppé la salle d'audience. Il a redit ce qu'il a répété durant les quatre semaines : « Je suis innocent ». En à peine cinq minutes de monologue, il a tenté d'insinuer une dernière fois le doute dans la tête des jurés arguant : « Je suis victime d'une erreur judiciaire. D'une erreur phénoménale. Je ne remets pas en cause la parole des victimes, je comprends leur douleur mais je suis une victime, comme elles. Quand la machine judiciaire est enclenchée, elle ne fait pas machine arrière. Je ne suis pas la personne qui a commis ces atrocités. »

Une ligne de défense qu'il a observée durant tout le procès : « Il reste plein de questions sans réponse dans cette affaire. Il y a eu des erreurs au niveau des expertises génétiques du docteur Pascal. Je ne sais pas à quel niveau mais il y a eu des erreurs. »

Aïssa Z., est devenu le suspect dans cette affaire au terme d'une enquête longue de 20 ans qui avait même fait l'objet d'un non-lieu en 2005. Ce sont de nouvelles techniques, notamment de recherches génétiques en parentèle sur la base des traces laissées par le violeur de la forêt de Sénart qui ont relancé les investigations. Cela a permis aux enquêteurs d'isoler plusieurs profils dont celui d'un frère d'Aïssa Z. figurant au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Fichier dans lequel il est désormais inscrit aussi.