Vigneux-sur-Seine : le maire veut faire passer la ville au vert

Le plan local d’urbanisme doit être révisé l’an prochain. Il met l’accent sur la nature et les espaces verts dans une commune qui veut changer son image.

 Vigneux-sur-Seine, le 20 septembre 2020. Le lac Montalbot va être réhabilité pour devenir une zone refuge pour la faune et la flore.
Vigneux-sur-Seine, le 20 septembre 2020. Le lac Montalbot va être réhabilité pour devenir une zone refuge pour la faune et la flore. LP/Cécile Chevallier.

Les tours, le gris et le béton. Un décor qui colle à la peau de la ville de Vigneux-sur-Seine. Cette image de froide commune de banlieue, le maire Thomas Chazal (LR) a l'intention de la casser. Le nouveau plan local d'urbanisme (PLU), dont la révision est lancée, doit permettre à terme de remettre du vert dans le décor. Une façon aussi pour lui de tourner la page Serge Poinsot (LR), qu'il a remplacé en 2018 dans le fauteuil de maire, suite aux démêlés judiciaires de ce dernier, avant d'être élu en mars dernier.

« Il faut remettre en valeur certains sites de notre commune. C'est vrai que Vigneux véhicule cette image de ville très urbanisée, reconnaît l'élu. Pourtant, nous sommes encadrés par l'île de loisirs du Port aux Cerises et la forêt de Sénart. Le potentiel existe. » Chantier symbolique de ce virage vert, le lac Montalbot va devenir prochainement un îlot de biodiversité. Une convention de nature en ville conduite par la commune, le département de l'Essonne, l'agglomération Val d'Yerres-Val de Seine mais aussi les syndicats de gestion des eaux doit faire de ce site longtemps occupé par des campements roms un refuge pour la faune et la flore.

« Construire mieux et en concertation avec les habitants »

En bord de Seine, la ville compte aussi donner sa priorité à la protection du site de Port Premier. « Nous avons annulé un projet de construction de 750 logements sur les terrains avoisinants », avance Thomas Chazal. Si un collège et « un nombre raisonnable de logements » pouvaient être implantés à cet endroit, la darse serait classée en site naturel d'espace protégé dans la prochaine version du PLU. « Il ne s'agit pas de ne plus construire mais de construire mieux et en concertation avec les habitants », précise le maire.

Troisième axe de développement nature, le parc du Gros Buisson va redevenir un lieu de promenade privilégié pour les familles selon les vœux de la municipalité. « Nous y avons recréé de vrais allées et réhabilité l'éclairage pour le rendre accessible aux poussettes notamment. C'est un poumon vert au milieu de notre commune », explique le maire. Au cœur de ce parc trône le château des Acacias qui abrite l'École d'arts plastiques.

« Il est impératif de recréer un corridor écologique entre Draveil et Vigneux »

Vice-présidente de l'association de défense de l'environnement Renard, et conseillère municipale d'opposition (SE), Julie Ozenne porte un regard plutôt critique sur ce programme. « La darse de Port Premier est déjà classée espace sensible et n'a pas besoin d'une protection supérieure, lance-t-elle. En revanche, ce qu'il aurait été intéressant de faire c'est une continuité verte depuis le quartier de la gare jusqu'à la forêt de Sénart. Il est impératif de recréer un corridor écologique entre Draveil et Vigneux. Ce cheminement piéton serait ponctué de kiosques d'informations sur l'environnement mais aussi de jeux d'enfants », propose l'élue qui reconnaît le potentiel écologique de la ville. « Il s'agit juste de penser l'urbanisme autrement et de passer à un PLU intercommunal afin que les communes travaillent main dans la main et non plus de façon cloisonnée », conclut-elle.

La bétonisation a fait bondir le nombre d’habitants

Ces dernières années, Vigneux-sur-Seine a été la commune qui connaissait la plus forte augmentation de population en Essonne dans la catégorie des villes de plus de 10 000 habitants. Entre 2007 et 2017, selon les chiffres de l’Insee elle en a gagné plus de 4 000 soit un bond de 15,3 %. Autant qu’en 39 ans entre 1968 et 2007.

C’est à cette époque qu’elle a dépassé la barre symbolique des 30 000 habitants (31 574 personnes recensées). Sur cette période, outre l’opération de rénovation urbaine notamment du quartier de la Croix-Blanche, deux quartiers sont sortis de terre : Port Premier - Les Mousseaux et le Clos de la Régale.

Cette bétonisation est aussi au coeur de l’affaire France Pierre pour laquelle Serge Poinsot, l’ancien maire a été mis en examen en juillet 2018 pour corruption par personne investie d’un mandat électif, blanchiment de fraude fiscale et corruption passive à titre habituel. Il lui est notamment reproché d’avoir accordé des permis de construire en échange de quelques cadeaux