Saint-Hilaire : des déblais du Grand Paris déversés sur une parcelle agricole ?

Il s’agit d’1,5 million de mètres cubes de terre issue des chantiers du Grand Paris. Ce projet, porté par Bouygues Travaux Publics, est à l’étude et pourrait voir le jour dès la fin de l’année en Essonne. Les élus et les associatifs du secteur s’y opposent fermement.

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 Saint-Hilaire, le 4 février 2021. Le projet prévoit le déversement de 1,5 million de mètres cubes de terre issue de chantiers sur une exploitation agricole de la commune.
Saint-Hilaire, le 4 février 2021. Le projet prévoit le déversement de 1,5 million de mètres cubes de terre issue de chantiers sur une exploitation agricole de la commune. LP/Florian Garcia

Le projet n'est pas validé mais la perspective de voir 1,5 million de mètres cubes de terre issue des travaux du Grand Paris déversés sur une parcelle agricole de Saint-Hilaire (Essonne) inquiète autant les élus que les riverains.

Pour s'opposer à ce vaste chantier mené par Bouygues Travaux Publics, une pétition vient d'être lancée par l'Association de défense de la santé et de l'environnement Saint-Escobille (ADSE). En 2017, après quinze ans de lutte, l'association a obtenu gain de cause dans un autre dossier, celui de création d'un centre d'enfouissement technique de classe 2 à Saint-Escobille.

« Si ce projet voit le jour, une cinquantaine de camions passeront quotidiennement pendant huit ans, s'inquiète la présidente de l'ADSE, Marie-Josèphe Mazure. Avec les allers et les retours, cela fait 100 passages. Un déboisement et une excavation de cette zone protégée sont également prévus. »

«Nous n'avons pas vocation à devenir la poubelle du Grand Paris»

Ce projet déposé en préfecture début février aura pour conséquence de surélever le sol sur les 34 hectares de cette parcelle, située aux lieux-dits Ardenne-La Saboterie.

« Nous n'aurons pas plus de détails tant que le dossier sera à l'instruction, poursuit Marie-Josèphe Mazure. Mais nous savons très bien que ces terres ne vont pas enrichir les sols, elles vont surtout faire courir des risques inutiles de pollutions, d'inondations ou encore de glissements de terrain dans cette vallée protégée et classée. Nous n'avons pas vocation à devenir la poubelle du Grand Paris. »

Fermement opposé au projet, le maire Stéphane Demeulemeester (SE) craint pour les habitants qui résident en fond de vallée. « Au-delà des nuisances que cela va engendrer pour la faune et la flore, cela risque de favoriser les ruissellements et les infiltrations d'eau dans le sol. D'autant plus que le bas de la vallée avait été touché par les inondations en 2016. »

Mobiliser la population

La fronde menée contre ce projet de « remodelage de terres agricoles » a reçu le soutien de l'association des maires ruraux de l'Essonne. « Notre rôle est d'alerter les autorités sur les risques, prévient le président, Yvan Lubraneski (SE). Nous ferons tout également pour être informés de l'avancement du dossier. »

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Dans son communiqué, l'ADSE, qui entend mobiliser la population, met en garde : « Bouygues affirme que son projet est écologique, mais la Confédération paysanne explique que sur des parcelles agricoles de cinq hectares à Avrainville, un rehaussement devait être effectué avec des gravats et des terres des chantiers du Grand Paris (NDLR : une opération menée par une autre entreprise). En réalité, les terres agricoles ont servi de décharge. » Contactée, la société Bouygues Travaux Publics n'a pas répondu à notre demande d'entretien.