Piscines et salles de sport fermées : l’Essonne emboîte le pas de Paris et de la petite couronne

À partir de ce lundi 12 octobre, les piscines et les salles du sport d’une partie du nord de l’Essonne seront fermées au grand public. C’est le premier département de grande couronne à prendre ce type de mesures contre la Covid.

 Ris-Orangis, dimanche 11 octobre 2020. Les derniers nageurs ont quitté la piscine de Ris-Orangis ce dimanche midi.
Ris-Orangis, dimanche 11 octobre 2020. Les derniers nageurs ont quitté la piscine de Ris-Orangis ce dimanche midi. LP/Nolwenn Cosson

« Cela sert à rien de fermer. Ce n'est pas ça qui va empêcher la circulation du virus. Dans les transports en commun, le risque est tellement plus élevé », reste incrédule Rabah. Comme tous les nageurs de la piscine de Ris-Orangis, il a appris ce dimanche matin que l'équipement fermait ses portes.

L'Essonne est le premier département de grande couronne à interdire à partir de ce lundi 12 octobre l'accès aux salles de sport et aux piscines couvertes, et ce jusqu'au lundi 26 octobre, uniquement sur 18 communes du nord du territoire. Des mesures déjà en vigueur à Paris et en petite couronne, en situation d'alerte renforcée en raison de la pandémie de la Covid-19.

C'est certainement un signal de ce qu'attendent les autres départements de grande couronne que sont les Yvelines, la Seine-et-Marne, et la Val d'Oise. Valérie Pécresse, la présidente (Libres !) de la région Ile-de-France, qualifie d'ailleurs ce dimanche d'« alarmante » la situation sanitaire en Ile-de-France. « Je crains que nous devions faire face dans les jours, dans les semaines qui viennent à des nouvelles mesures privatives de liberté », a-t-elle ajouté sur le plateau de BFM Politique, en partenariat avec Le Parisien-Aujourd'hui en France

Des villes aux taux d'incidence supérieurs à la moyenne départementale

L'agence régionale d'Ile-de-France avait rendu un avis favorable aux mesures du préfet de l'Essonne, dans un courrier en date du 9 octobre que nous avons pu consulter. « Plusieurs territoires du nord de l'Essonne sont particulièrement concernés par la propagation du virus, en raison de leur proximité géographique avec Paris et la petite couronne », avance l'ARS Ile-de-France.

Des villes comme Montgeron ou Brunoy, mais aussi Massy, Verrières-le-Buisson et Palaiseau, ont des taux d'incidence supérieurs à la moyenne départementale (qui est de 179,8 nouveaux cas pour 100 000 habitants, chiffres du 6 octobre).

Le Val d'Yerres Val de Seine est la seule agglomération où l'ensemble des piscines seront fermées dès ce lundi. « On a souhaité que cette décision s'applique à toutes les villes de l'agglomération, les habitants n'auraient pas compris qu'une piscine soit ouverte dans une ville et pas dans l'autre », justifie François Durovray, président (LR) du conseil départemental et président de l'agglomération.

La densité de population également prise en compte ?

Dans les intercommunalités voisines, ce n'est pas le cas. À Grand Paris Sud, toutes les piscines de l'Essonne ferment. À l'exception de celle de Lisses. Pourquoi ? La réponse ne semble pas évidente. « Le préfet s'est basé sur le taux d'incidence mais aussi sur la densité de population, finit par expliquer Michel Bisson, le président (PS) de GPS. Il y a forcément moins de personne qui fréquente la piscine de Lisses que celle de Corbeil. »

Si la densité de population est prise en compte, d'autres questions apparaissent. Pourquoi Athis-Mons et Viry-Chatillon, deux villes de plus de 30 000 habitants, situées à proximité du Val-de-Marne et séparées par la Seine du Val d'Yerres Val de Seine ne sont-elles pas concernées ?

Interrogée sur le choix, la préfecture de l'Essonne esquive quelque peu la question. « Si des difficultés apparaissent dans la mise en œuvre de l'arrêté, des dispositions pourront être ajustées. »

« Que notre piscine reste ouverte est une bonne nouvelle pour nos nageurs, reconnaît Jean-Marie-Villain, maire (Les Centristes). Mais je pense que nous serons prochainement concernés par cette décision », poursuit celui qui est vice-président en charge des équipements sportifs au sein de l'agglomération Grand Orly Seine Bièvre.

Des habitués désabusés par cette fermeture

Eric Braive, le président (DVG) de Cœur d'Essonne agglomération, prend moins de pincettes pour exprimer sa façon de penser. Aucune de ses 21 communes n'est touchée par cet arrêté. « J'ai dû mal à croire qu'il y ait une grosse différence de taux d'incidence entre Grigny et Fleury-Mérogis, alors qu'elles sont côte à côte. Cela n'a pas de sens », souffle-t-il.

Pour Stéphane Raffalli, maire (PS) de Ris-Orangis, une cartographie de la circulation du virus aurait permis une meilleure compréhension de cet arrêté. « Je l'ai demandé à plusieurs reprises, mais je n'ai eu de retour ni de l'ARS ni de l'Etat, regrette l'élu. Il n'y a eu aucune concertation, j'ai appris la nouvelle vendredi par téléphone. C'est une décision qui s'impose à nous et que nous appliquons. »

Au grand malheur des habitués de la piscine. « C'est absurde, il n'y a pas de risque, sinon on aurait déjà attrapé d'autres virus en nageant, analyse Gislhain, ambulancier. Avec mes enfants, je viens tous les dimanches depuis 5 ans. On va faire quoi la semaine prochaine ? Rester confinés devant la télé ? »

Les villes concernées par les piscines et salles de sport fermées

> Communauté d’agglomération Paris-Saclay : Gif-sur-Yvette, Orsay, Palaiseau, Massy et Verrières-le-Buisson

> Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine : Yerres, Montgeron, Brunoy, Boussy-Saint-Antoine, Crosne, Draveil, Epinay-sous-Sénart, Quincy-sous-Sénart et Vigneux-sur-Seine

> Communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart : Grigny, Ris-Orangis, Evry-Courcouronnes et Corbeil-Essonnes