«On l’aimait beaucoup» : dernier hommage à Popeye, figure de la rue à Evry-Courcouronnes

Ce sans-abri de 57 ans, très connu dans cette ville où il est décédé le 31 mars dernier, a été inhumé ce mardi matin au cimetière de Longjumeau, en Essonne.

 Popeye, sans-abri connu de nombreux habitants d’Evry-Courcouronnes (Essonne), décédé en mars dernier, a été inhumé ce mardi matin.
Popeye, sans-abri connu de nombreux habitants d’Evry-Courcouronnes (Essonne), décédé en mars dernier, a été inhumé ce mardi matin. DR

Sa disparition tragique avait ému beaucoup d'habitants d'Evry-Courcouronnes (Essonne), qui le croisaient régulièrement dans la rue, notamment aux alentours de l'Agora et de la gare. Popeye, de son vrai nom Jean-Luc Bretel, a été inhumé ce mardi matin au cimetière de Longjumeau, après une cérémonie à l'église.

Ses curatrices étaient présentes, ainsi que sa tante et Ali Gattoufi qui, avec son association Entraide et Solidarité France, s'occupait de lui depuis plus de dix ans. Il repose désormais auprès de sa mère, dont il aimait tant parler, même si leurs relations furent souvent compliquées. A la rue depuis plus de vingt ans, il était devenu une figure d'Evry, apprécié de ceux qui le côtoyaient.

Popeye, ainsi surnommé du fait de sa ressemblance avec le célèbre marin et aussi parce qu'il était costaud, avait été retrouvé mort le 31 mars dernier dans le parking Indigo du cours Blaise-Pascal. L'homme semble s'être endormi avec sa cigarette. Son corps a été en partie brûlé. Né à Paris, il avait 57 ans. En attendant que l'enquête soit clôturée, son corps a été conservé à la morgue.

En 1993, il perd sa mère et son grand-père

« Il avait des problèmes mentaux, confie sa tante, très émue. Depuis sa naissance. Très jeune, il a été placé en institut médico-éducatif, puis à la Ddass. Il est ressorti à 18 ans, sans rien. La France manque de structures pour s'occuper de gens comme lui », déplore Mireille, qui a fait le voyage depuis Toulouse pour enterrer son neveu. « Son père ne s'occupait pas de lui. Il allait chez sa mère, à Longjumeau, même si leurs relations étaient difficiles. J'ai réussi à avoir la garde de sa sœur auprès de la Ddass. Mais pas lui, ils n'ont pas voulu. C'était très compliqué de pouvoir s'en occuper. »

Longjumeau (Essonne), le 29 septembre 2020. Sa tante, ici de dos, et quelques proches ont assisté aux obsèques de Popeye. LP/Sébastien Morelli
Longjumeau (Essonne), le 29 septembre 2020. Sa tante, ici de dos, et quelques proches ont assisté aux obsèques de Popeye. LP/Sébastien Morelli  

Souffrant de problèmes psychiatriques, Popeye pouvait se montrer violent, y compris envers ses proches. En 1993, il perd sa mère, puis son grand-père, dont il était proche, à trois jours d'intervalle. Un drame qui va le précipiter dans la rue. Sa tante fait tout ce qu'elle peut pour s'occuper de lui. Mais en 2003, des événements familiaux lui font quitter la région parisienne.

A la rue, mais pas abandonné

Popeye est placé sous curatelle. « Il a été très suivi par sa curatelle, assurent Mireille et Ali. Il avait plusieurs rendez-vous par semaine avec elles, il y avait un lien. » Ali Gattoufi, qui assure de nombreuses maraudes auprès des sans-abri de l'Essonne, a découvert Popeye il y a environ dix ans. « Il parlait tout le temps de sa maman. On prenait beaucoup de temps avec lui. On avait un lien fort, on discutait beaucoup. »

Ali a lui aussi fait tout ce qu'il pouvait pour l'aider. « L'alcool l'a détruit. On a voulu lui faire faire une cure, mais il n'a pas voulu. C'était déjà difficile de le mettre à l'abri à l'hôtel. On l'aimait beaucoup et lui aussi, il nous aimait beaucoup. Il se confiait à nous, il me disait que j'étais son frère. » « Il a été un peu cocooné dans la rue, souffle Mireille. Peut-être y a-t-il trouvé ce que sa famille n'a pu lui donner. »

Un moment de recueillement pour lui rendre hommage pourrait être organisé dans les jours à venir à la maison funéraire d'Evry-Courcouronnes, pour que tous ceux qui l'ont connu puissent lui rendre un dernier hommage.