Marcoussis : le chantier de restauration du château de Montagu s’adapte à la crise sanitaire

Jusqu’au 1er août, six jeunes bénévoles ont rejoint les rangs de l’association historique de Marcoussis (AHM). L’épidémie de coronavirus n’a pas stoppé le chantier mais elle impose de nouvelles pratiques.

 Marcoussis, vendredi 24 juillet 2020. En raison de la crise sanitaire, le port du masque est obligatoire sur le chantier de restauration du château de Montagu.
Marcoussis, vendredi 24 juillet 2020. En raison de la crise sanitaire, le port du masque est obligatoire sur le chantier de restauration du château de Montagu. LP/Florian Garcia

Le visage dissimulé par un masque, Alice, Annaelle et Mady s'affairent dans les douves du château de Montagu. Malgré la crise sanitaire, ce chantier bénévole organisé depuis plus de 20 ans par l'association historique de Marcoussis (AHM), se prolonge jusqu'à la fin du mois de juillet. Il a été maintenu au prix de règles sanitaires strictes.

Dès l'entrée, un écriteau rappelle qu'une distance d'un mètre est recommandée entre deux personnes. Et sous la tente qui protège le matériel, tous les participants portent un masque. « Pour que ce chantier ait lieu, nous avons dû adopter un certain nombre de règles, détaille le président de l'association, Patrick Bourgueil. Habituellement, nous accueillons 12 jeunes, cette année, nous n'en recevons que six et une stagiaire. Il y a également des inscrits qui n'ont pas pu venir, un Ukrainien et deux Marocaines n'ont pas reçu les autorisations nécessaires. »

Des repas « très encadrés »

Hébergés le temps du chantier, les bénévoles disposent d'une chambre individuelle. Pour les sanitaires, qui comprennent six douches et six WC, des groupes fixes ont été formés afin que chacun utilise les mêmes infrastructures du début à la fin. « Un vaporisateur désinfectant est utilisé après chaque passage », ajoute Alice, responsable de la vie de groupe.

Les temps de pauses, comme les repas du midi et ceux du soir, sont eux aussi très encadrés. « Normalement, on cuisine tous ensemble le soir, reprend la jeune femme. Mais cette année, on a préféré confier cette mission à seulement deux personnes. Ce sont d'ailleurs les mêmes qui assurent le service et qui débarrassent. Un roulement a été mis en place pour que tout le monde participe. »

Sous la tente, Bethsabée, 23 ans, s'initie à la taille de pierre. « Je me suis demandé comment ça allait se passer avec le Covid, confie cette Niçoise. Mais Patrick m'a rassurée en me détaillant les règles sanitaires. Tout se passe très bien. » Juste à côté, Pauline, 20 ans, trouve même un avantage à porter un masque. « Nous nous entraînons sur des pierres en calcaire, ajoute-t-elle. Ça fait de la poussière… Dans ce cas, le masque est très pratique. »

Quelques mètres plus loin, au fond des douves de ce château construit entre 1404 et 1408, le reste du groupe reprend les joints de la contrescarpe, ce mur extérieur qui borde le fossé d'un château fortifié.

Un château vandalisé à la Révolution

Pendant quinze jours, ces bénévoles participent à la rénovation de ce château aujourd'hui en partie détruit. « Il s'est dégradé au fil des années, détaille Maxime qui fréquente le chantier depuis déjà plusieurs années. À la Révolution, le château a été vandalisé… Il a même servi à stocker du bétail et du blé. » « Au début du XIXe siècle, le château a été restitué aux petits-neveux de la comtesse de l'Esclignac, propriétaire du château, qui avait racheté la seigneurie de Marcoussis », complète Patrick Bourgueil.

Pour eux, le coût de la remise en état du château est bien trop élevé. Ils décident alors de le démanteler et de vendre les pierres en grès qui, elles, ont de la valeur. Une décision qui explique son état actuel. Seule la tour, en mauvais état, subsiste. « Elle tient debout mais a besoin d'être consolidée. En septembre, un architecte va travailler sur une étude préalable, financée par la Drac (NDLR : Direction Régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France), en vue de sa rénovation. »

Ouvrir le site aux visiteurs

Avant cette échéance, les bénévoles vont finir de cartographier la tour du château. « Un drone a pris toutes les pierres qui la composent en photo, précise Maxime, jeune passionné d'histoire et d'archéologie. Mais il ne pouvait pas photographier celles qui sont à la base. Il faut donc faire ce travail de relevé à la main. »

L'édifice vieux de six siècles, qui appartient aujourd'hui à la Fondation des apprentis d'Auteuil, va subir encore pendant des années une cure de jouvence. « Après la tour, nous pourrions faire un chantier d'insertion pour la rénovation des remparts », se projette Patrick Bourgueil. Son rêve : « Pouvoir exploiter ce lieu à des fins pédagogiques pour les scolaires et les visiteurs. » Pour le voir se réaliser, patience ! Il faudra encore attendre quelques années.