Lisses : l’auteur de la photo du suicide d’Océane versera des dommages et intérêts à la famille

La justice a condamné au civil l’homme qui avait pris et diffusé sur Snapchat une photo du cadavre de l’adolescente de 17 ans, après son suicide en gare d’Evry-Courcouronnes en mars 2018.

 Paris, 21 septembre 2020. Les proches d’Océane Alger ont vu leur préjudice reconnu par la justice après la diffusion de la photo du suicide sur les réseaux sociaux.
Paris, 21 septembre 2020. Les proches d’Océane Alger ont vu leur préjudice reconnu par la justice après la diffusion de la photo du suicide sur les réseaux sociaux. LP/Laurent Degradi

La justice a officiellement reconnu leur douleur. Celle d'avoir découvert le corps sans vie de leur fille ou de leur sœur sur les réseaux sociaux après son suicide en gare d'Evry-Courcouronnes en mars 2018. Ce mercredi, le tribunal de Paris a condamné au civil le jeune homme qui avait pris puis diffusé le macabre cliché sur Snapchat, quelques minutes à peine après les faits. Boubacar, âgé d'une vingtaine d'années, devra verser des dommages et intérêts aux parents d'Océane, installés à Lisses, mais aussi à ses six frères et sœurs.

« La justice a accordé quelques centaines d'euros à chaque membre de notre famille. Nous ne tenons pas à donner le montant précis car l'argent n'est pas le but de notre démarche », indique Laurence Alger, la sœur aînée de la victime qui milite désormais contre les abus des réseaux sociaux à travers l'association Prévention Océane.

« Il faut que les victimes de ces abus se signalent »

« Nous voulons continuer à faire évoluer les choses dans ce domaine, ajoute-t-elle. Sur ces réseaux circulent des contenus qui échappent à tout cadre. Il faut que les victimes de ces abus se signalent afin d'apporter davantage de poids encore à notre démarche. »

Lors de l'audience qui s'était tenue le 20 septembre dernier, Boubacar avait assuré n'avoir voulu ni choquer ni faire le buzz en partageant la photo du corps sans vie d'Océane sur la voie ferrée. Sur le plan pénal, il avait écopé d'un simple rappel à la loi.

« Le tribunal confirme ici très clairement que la diffusion d'une photographie du cadavre gisant sur la voie publique d'une personne caractérise une faute civile qui engage la responsabilité de son auteur et son obligation de la réparer », complète Me Cosima Ouhioun, l'avocate des proches de la jeune victime. « Il considère enfin que chaque membre de la famille subit un préjudice propre et distinct de celui causé par le décès d'Océane », conclut-elle.