Essonne : l’auteur de la photo du suicide d’Océane «n’a pas voulu faire de mal»

Le jeune homme qui avait diffusé la photo du corps de l’adolescente sur les voies du RER s’est exprimé ce lundi en audience civile. Il assure ne pas avoir voulu choquer. L’avocate de la famille a réclamé 5 000 euros pour le préjudice subi.

 Paris, 21 septembre 2020. La famille d’Océane Alger à l’issue de l’audience civile qui s’est tenue au tribunal de Paris.
Paris, 21 septembre 2020. La famille d’Océane Alger à l’issue de l’audience civile qui s’est tenue au tribunal de Paris. LP/Laurent Degradi

Il n'avait ni voulu « faire le buzz » ni choquer. C'est ce qu'a assuré ce lundi Boubacar, qui avait diffusé sur le réseau social Snapchat un cliché du corps sans vie d'Océane après son suicide en gare d'Evry-Courcouronnes en mars 2018.

À l'issue de l'audience au civil qui s'est tenue ce lundi au tribunal de Paris, le jeune homme a voulu prendre la parole devant la famille de la jeune victime de 17 ans, originaire de Lisses, venue demander réparation du préjudice subi après la diffusion de cette macabre photo. « Ce matin-là, je partais au travail. Sous le choc, j'ai pris cette photo et je l'ai envoyée à mes amis. Ce n'était pas pour faire du mal », reprend le jeune homme qui s'est dit lui aussi bouleversé par cette scène au point de ne plus pouvoir prendre le RER. « Il a cherché à partager le choc d'une émotion et cela exclut toute notion de buzz. Il n'y avait chez lui aucune attention que cette photo parvienne jusqu'à la famille d'Océane. », ajoute son avocat Me Edouard Balsan qui demande le versement d'un euro symbolique en titre de reconnaissance du préjudice subi par la famille de l'adolescente.

« Cela n'enlève rien au fait qu'il est responsable de la diffusion de cette photo »

« C'est courageux de la part de ce jeune homme de s'être exprimé lors de cette audience, confie Laurence Alger, la sœur aînée de la victime. Mais cela n'enlève rien au fait qu'il est responsable de la diffusion de cette photo. » Sur un plan pénal, Boubacar avait écopé d'un rappel à la loi et il avait dû effectuer un stage de citoyenneté.

De son côté, Me Cosima Ouhioun, l'avocate des proches d'Océane, a sollicité 5 000 euros en réparation du préjudice subi par ses clients. « Cette somme servira à financer les actions de l'association Prévention Océane montée par la famille et qui travaille pour sensibiliser contre tous ces excès que l'on voit sur les réseaux sociaux, assure-t-elle. Cette photo d'Océane a été non seulement envoyée aux amis de ce jeune homme via Snapchat mais aussi partagée en story. D'ailleurs, certains proches d'Océane ont carrément appris le suicide de la jeune fille en découvrant cette photo sur Internet. L'objectif de la famille d'Océane est bien sûr d'obtenir réparation du préjudice subi après la diffusion de la photo mais aussi que ce type d'affaire fasse à l'avenir l'objet de débats judiciaires. »

Le tribunal rendra sa décision le 28 octobre prochain sur le montant des réparations accordées.