Légionelle : les locataires de 400 logements aux Ulis privés de douche chaude depuis un mois !

Des analyses effectuées mi-janvier ont détecté la présence de cette bactérie qui peut provoquer une infection pulmonaire.

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 Les Ulis, le 20 février 2021. Les locataires de 400 logements situés allées Rosalie et Limousine de la résidence du Barceleau ne peuvent pas prendre de douche chaude depuis le 20 janvier à cause d’une alerte à la légionelle.
Les Ulis, le 20 février 2021. Les locataires de 400 logements situés allées Rosalie et Limousine de la résidence du Barceleau ne peuvent pas prendre de douche chaude depuis le 20 janvier à cause d’une alerte à la légionelle. LP/Nolwenn Cosson

A côté de l'affiche imposant le port du masque, le symbole d'une douche barrée n'a pas quitté les halls d'immeubles. Depuis le 20 janvier, les locataires de 400 logements des allées Rosalie et Limousine de la résidence du Barceleau, aux Ulis (Essonne), ne peuvent plus prendre de douche chaude.

Impensable pour Kévin, croisé dans la résidence ce samedi. « Une douche, c'est quand même l'hygiène. Et nous sommes en hiver. Se laver à l'eau froide, c'est difficile, commente le jeune homme. En trois ans, c'est la seconde fois que nous sommes confrontés à ce problème. Il va falloir faire quelque chose. »

En cause, la présence de légionelles détectées lors d'analyses effectuées le 11 janvier sur le réseau d'eau chaude sanitaire de la résidence. Cette bactérie, présente dans les eaux naturelles, prolifère dans les réseaux d'eau quand la température se situe entre 25 °C et 45 °C.

Elle peut provoquer la légionellose, une infection pulmonaire qui peut être mortelle. La contamination se fait en respirant des microgouttelettes ou des aérosols d'eau contaminée par les légionelles, c'est-à-dire en prenant des douches.

Des résultats attendus le 25 février

La nouvelle avait excédé plusieurs riverains dont Myriam : « Nous avons déjà subi ce problème il y a deux ans. Nous avions été privés de douche pendant plusieurs semaines. C'est inadmissible. »

Le maire n'avait pas caché son mécontentement non plus. Alerté, Clovis Cassan (PS), à la tête de la ville depuis juin dernier, avait aussitôt pris contact avec le bailleur. « D'autres tranches de cette résidence ont subi le même type d'inconvénients il y a un peu plus d'un an. La légionelle ce n'est pas anodin, rappelle l'élu. Et il y a eu un réel manque de communication. Malgré le contexte sanitaire, le bailleur aurait dû faire du porte-à-porte pour avertir les locataires des risques encourus. »

Après un traitement chloré de l'eau, de nouveaux prélèvements ont été effectués le 15 février. « Les premiers résultats sont plutôt bons mais interprétables, c'est pourquoi, pour ne prendre aucun risque, nous préférons attendre les résultats définitifs. Ils devraient être connus le 25 février », indique la directrice du patrimoine du bailleur Toit et joie.

«Je m'adapte, je prends des bains»

Si beaucoup de locataires ont appris la nouvelle avec inquiétude, depuis, la vie a malgré tout repris son cours. « Je fais comme tout le monde, je m'adapte, et je prends des bains (NDLR : une grande partie des logements de cette résidence sont équipés de baignoire) », confie ainsi Corinne.

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Certains pensaient même que le problème était réglé. C'est le cas d'Elisabeth. « Mais ce n'est pas encore fini tout ça ? s'étonne-t-elle en promenant son chien. Il y a tellement d'affiches dans les halls qu'on n'y fait plus attention. De toute façon, à chaque qu'ils font des analyses, ils trouvent quelque chose qui ne va pas. Moi je continue de prendre des douches. Ce sont surtout mes garçons, de 14 et 16 ans, qui font très attention. »

Un audit lancé pour déterminer les causes

Gwendoline avoue elle aussi continuer à prendre des douches. Tout en prenant ses précautions. « Je garde la porte de la salle de bains ouverte, j'évite de faire de la buée ou de toucher mon visage en me douchant », décrit la jeune femme.

Le bailleur assure qu'un audit a été lancé par l'exploitant afin de déterminer les origines de cette présence. « Nous avons déjà quelques pistes, affirme la directrice. Comme l'existence de bras mort où l'eau stagne. Mais cela peut aussi être dû à la vétusté du réseau ou une température mal assurée. »

En attendant, Clovis Cassan attend la mise en place de compensation. « Le bailleur a l'air de vouloir y répondre favorablement. Mais ce ne sera pas suffisant, conclut-il. Il faut que des solutions pérennes soient trouvées pour que cela ne se reproduise plus. On ne peut plus continuer comme ça. »