Le suspect de l’assassinat d’Ezzedine à Corbeil-Essonnes reste finalement en prison

En détention provisoire depuis 2016, soupçonné de l’assassinat d’un gérant de bar, Marc S. pouvait être remis en liberté ce mardi. Sa demande, déposée en pleine grève des avocats, était audiencée hors délai. Mais l’avocat général a fait valoir des « circonstances insurmontables » pour le maintenir en détention.

 Le gérant du tabac Ezzedine (à gauche) et son « ami » Marc, soupçonné de l’avoir assassiné.
Le gérant du tabac Ezzedine (à gauche) et son « ami » Marc, soupçonné de l’avoir assassiné. LP

La manœuvre n'aura finalement pas abouti. Le sort de Marc S., 49 ans, s'est joué tard dans la soirée de ce mardi au tribunal judiciaire de Paris. L'homme y avait été transféré depuis la prison de Fresnes (Val-de-Marne), où il est incarcéré en détention provisoire depuis 2016 pour l'assassinat d'Ezzedine, gérant de bar à Corbeil-Essonnes.

Une demande de remise en liberté avait été déposée par les avocats de Marc S. le 30 janvier … en plein mouvement de grève des robes noires. Cette semaine-là, plus de 500 demandes de mise en liberté ont été déposées par les avocats pour encombrer la juridiction. Or, selon la loi, ces audiences doivent se tenir dans les 20 jours suivant cette demande. Faute de quoi, la remise en liberté est automatique. Or, Marc S. est convoqué 34 jours après le dépôt de sa demande… donc deux semaines trop tard.

La remise en liberté d'un suspect d'assassinat en raison de la grève des avocats aurait provoqué des remous. Ce mardi soir, les magistrats ont néanmoins invoqué des « circonstances insurmontables » pour garder Marc S. en prison jusqu'à la date de son procès aux assises. La grève des avocats a été considérée comme un cas de force majeure. La demande a donc été rejetée. « C'est un soulagement pour les parties civiles », se satisfait leur conseil, Me Vanessa Zencker.

La peur d'une cavale

Le 13 septembre 2016, Ezzedine, 40 ans, patron du bar-tabac situé devant l'Hôtel-de-ville avait été abattu dans son commerce, de quatre balles tirées à bout portant. Le tireur présumé, Marc S., un ami de la victime, avait été interpellé le 9 octobre. En garde à vue, il a reconnu avoir tiré. Une querelle amoureuse autour de la femme d'Ezzedine pourrait être à l'origine du drame.

Les proches d'Ezzedine craignaient que la remise en liberté du suspect ne lui permette d'échapper à la justice. Il faut dire qu'en 2001, Marc S était parti en cavale à l'étranger alors qu'il était impliqué dans une autre affaire. Il avait été condamné en son absence à 8 ans de prison.