Le plan de Corbeil-Essonnes pour passer de ville-dortoir à ville « vivante »

La mutation à venir du centre-ville, avec 5 ha de terrains qui s’y libèrent, a été abordée lundi en conseil municipal et donnera lieu à des débats avec la population, promet le maire DVG Bruno Piriou.

 Corbeil-Essonnes. Bruno Piriou (DVG), maire de Corbeil, souhaite remodeler le centre-ville.
Corbeil-Essonnes. Bruno Piriou (DVG), maire de Corbeil, souhaite remodeler le centre-ville. LP/Bartolomé Simon

Bruno Piriou (DVG), le nouveau maire de Corbeil-Essonnes, n'y va pas par quatre chemins : « Nous avons la volonté de redevenir un des centres-villes les plus vivants à 40 km de Paris ».

L'élu y croit, notamment après le vote lundi en conseil municipal de la création d'un périmètre de « prise en considération » sur le secteur de l'ex-imprimerie Hélio, des Moulins Soufflet et de la gare. Ce qui doit permettre à la municipalité de mieux contrôler son réaménagement.

La ville de Corbeil fait aussi partie du programme « Action cœur de ville », initié par l'Etat, avec des crédits à la clé. Par ailleurs, de vastes terrains se libèrent et vont permettre de profondément remodeler le centre de Corbeil.

L'opposition craint la construction de trop de logements

« Hélio est vendu. Dans deux ans, tout sera rasé. Les Grands Moulins sont en vente. Nous avons plus de 5 ha en mutation en centre-ville », se réjouit Bruno Piriou. De vastes terrains à propos desquels il compte bien, malgré les difficultés sanitaires, « lancer un débat avec la population ». Le maire souhaite y implanter la salle des fêtes, une brasserie, des équipements publics…

« Je crains une massification de logements sur ce secteur », lance l'opposant Jean-François Bayle (LR), qui évoque la construction de 1 200 logements sur le site d'Hélio, vendu à Novaxia pour 15 M€. Même inquiétude du côté de Jean-Luc Raymond (LREM), selon qui le promoteur doit construire plus de 1 000 logements pour rentabiliser l'opération. « La Cogedim a acheté un terrain à 34 M€ et y a construit 700 logements », leur rétorque Martine Soavi (SE), adjointe en charge de l'urbanisme.

« La vente s'est faite sans condition entre deux structures privées, rappelle Bruno Piriou. Et Novaxia est connu sur le marché pour prendre des risques. Donc à cette étape, pas de procès d'intention. Bien sûr il y aura du logement, et pas qu'à Helio. Nous avons 2 000 à 3 000 demandes en attente. Quand Helio sera rasé, vous imaginez l'énorme trou en centre-ville ? On va fabriquer de la ville. » Et d'annoncer qu'une charte du logement sera prochainement votée.

Corbeil, ville universitaire ?

Concernant le Darblay, qui accueillait auparavant les services administratifs de la mairie, « il va devenir la première résidence étudiante de Corbeil, annonce Bruno Piriou. Car à terme, les 800 élèves de l'école d'infirmière vont déménager dans de nouveaux bâtiments à proximité du lycée Doisneau. »

L'élu ambitionne d'ailleurs de faire de Corbeil une ville universitaire : « C'est un appel que nous lançons à l'Etat, l'agglomération, les présidents d'université. Paris-Créteil est déjà venue frapper à notre porte, révèle-t-il. Je vais également me battre pour accueillir une fac de médecine autour du Centre hospitalier Sud francilien ».

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La place du Comte-Haymon, qui accueille le marché, et les allées Aristide-Briand, en très piteux état, devraient par ailleurs être réaménagées. « Côté pôle gare, nous avons besoin de deux nouveaux parkings. » À côté, dans les locaux de l'ex-DDE et de l'ex-sous-préfecture, une maison de l'Essonne, qui accueille les services liés à l'enfance et à la famille, au RSA, à la protection maternelle et infantile… doit voir le jour.

« Tout cela va métamorphoser le cœur de ville, améliorer son attractivité, son accessibilité, prédit-il. Mais Corbeil-Essonnes est devenue une ville-dortoir en 20 ans. Cela va prendre un peu de temps pour réussir la mutation de la ville », prévient l'élu, pour qui un mandat ne suffira pas.